Archives pour décembre 2007
Mamita est le petit nom affectueux qu’on se donne, en Bolivie, de jeune fille à vieille dame et inversement. Là-bas les femmes apparaissent souvent « gordos », grosses, portant jusqu’à douze jupons ! Distinction sociale ? Protection ? Provocation coquette ?… C’est en partant de cette anecdote que j’ai commencé les Mamitas.
Première étape :
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Châssis, tissus boliviens (agoyos), tissus divers pour jupons, rideaux, ameublement …
Ce premier accrochage me permit de voir que les Mamitas ne correspondaient vraiment pas à mes intentions. Placé au centre, le tissu bolivien prenait la place principale. Les échanges « culturels » n’étaient vraiment pas équitables. Les Mamitas n’étaient tournées que vers elles-mêmes, tout se ramenait à leur centre, alors que j’aurais voulu qu’on ait l’impression d’une libre circulation. Les Mamitas devaient avoir la possibilité de communiquer avec l’extérieur et je voulais qu’elles tirent leur dynamisme de ce déploiement (d’où la nécessité de neutraliser le centre et de créer des ouvertures).
J’avais eu droit aussi à des commentaires comme « c’est touristique », « colonisateur » … Quelle horreur ! Moi qui me veux transculturelle et transfrontalière !
Je les ai donc transformées.




Mamitas , châssis, tissus divers, 2m48/2m58cm.
Évocatrices de vagins selon certains spectateurs, il est certain que les Mamitas – il suffit de lire l’anecdote dont elle sont issues – sont extrêmement féminines. Cette association ne me dérange pas, elle correspond peut-être à une réalité : si on veut associer les Mamitas à une image figurative, je vois très bien où se dessinent lèvres, fentes, trous. Ce trou béant en plein centre peut être terrifiant ! Vide engouffrant, attirant et menaçant ? Souligné par tout un ornement de tissus installés avec soin et pourtant malmenés, tiraillés, déchirés. Avec leur aspect très sexué, je ne peux m’empêcher de penser à Louise Bourgeois qui a un rapport à la fois affectueux et agressif à ses œuvres. On m’a parfois dit qu’on se sentait agressé face aux Mamitas. Peut-être parce qu’elles sont nées justement d’actions et de matériaux à la fois durs et doux. Peut-être parce qu’elles sont très charnelles ? Le tissu est bien souvent charnel, c’est un matériau très proche de nous, qu’on associe à nos corps et à notre identité. C’est la première chose qu’on met à un nourrisson pour le protéger des agressions extérieures. Enveloppe protectrice qui peut renvoyer à notre rapport difficile avec ce qui est extérieur à nous. Tout est vite perçu comme agressif et dangereux. Difficile de côtoyer simplement et directement notre monde !… C’est aussi un tissu dont on nous habille et nous enveloppe quand on meurt. Il est un intermédiaire familier entre l’intime et l’étranger.
Pour moi les Mamitas sont avant tout très vivantes. Après en avoir enlevé le centre et les « articulations » (les fragments de châssis), je les trouve beaucoup plus mobiles, prêtes à continuer leur mutation. Le triptyque donne à voir une évolution, les Mamitas deviennent peu à peu tourbillon. La troisième, la plus « décharnée », nous offre l’illusion d’une réelle perspective, tel un tunnel qui propose d’avancer ou de reculer, d’aller vers soi-même ou vers l’autre.
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Mamitas , châssis, tissus divers, 2m48/2m58cm.
serie de trois toiles de 2×2m, soit 12 m2 la serie.
apposition systematique de peinture sur une surface. une couche par coté possible soit quatre couches. les melanges de peinture sont determiné avant les quatre couches. apposition de haut en bas, de gauche a droite.
cette année je veux la peinture plus legere, plus frontale et plus degeulasse. j’utilise le plus de produit chimique possible, sans necessairement regarder ce que c’est. ca pue, ca brille et en plus c’est super contemporain.
Quelques photos de l’avancement du projet sonore: mise en place des fausses cloisons et de la cymaise mobile. prochaine étape: l’encastrage des bouches sonores.


Voici quelques textes écrits à partir des réponses récoltées sur le Non-dit. Toutes les critiques sont les bienvenues.
1:
Ils sont dans le métro, ils sont roumains je pense.
Il y a le père qui joue du violon tout près de mon oreille et le petit qui passe entre les banquettes avec un gobelet Mac Do.
Et le voilà qui se met un jouer un air trad’ des Balkans un de mes préféré, du style, tiens écoute,
«C’est que pour toi que je joue».
Je baisse les yeux et glisse les mains dans mes poches:
L’idée c’est de ne montrer ni attendrissement et ni compassion devant ce maudit sort d’immigré roumain.
Le violon est dans mon oreille et le gobelet Mac Do reste vide.
Trois stations.
Ils sortent de la rame, et me laisse là avec mes mains dans les poches et de la monnaie dans le fond.
Je reste, avec juste un peu plus honte que quand je suis rentré, en espérant qu’au moins ils aient eu le cadeau Mac Do qu’allait avec le menu.
2:
C’était sur la terrasse de la maison,
j’étais petite.
En cachette j’y avais coupé mes cheveux,
une belle franche,
un franc morceau de ma tignasse.
Pour les cacher, j’en avais rempli le regard de
la gouttière.
Après la fessée réglementaire, ma mère m’a demandé
«Où t’a mis tes cheveux?».
«Où j’ai mis mes cheveux!».
Comme si elle allait pouvoir me les recoller.
Je ne lui ai pas dit, pas même quand la terrasse fût inondée:
J’avais pas pensé que ça boucherait
la canalisation.
3:
Personne ne savait sauf moi:
Le jour où ça arrive, c’est un peu comme apprendre que le père Noël n’existe pas, juste le temps de reconsidérer le passé: de voir des indices partout où jadis il n’y en avait pas.
Personne n’a su sauf moi: j’ai enlevé le joli ruban, déballé le cadeau et au premier coup d’oeil me suis dit qu’il y avait eut échange de marchandise dans le tréneau.
C’était pas ce que j’avais commandé, mais comme c’était Noël j’ai pas pigner.
Il en va de même pour milles autres choses, et on fait comme si c’était Noël.
On prend sur son dos la jolie hotte du mensonge,
le beau fardeau du secret bien gardé et
on perd cette sensation d’être encore un enfant:
Plus les années passent plus la hotte se remplie plus les cadeaux pèsent,
plus les rubans étranglent.
4:
Quand il me touche j’ai du mal à le reconnaître. Il prend l’aire d’un autre, de l’autre homme caché en lui. Des fois ça me fait peur, mais je me dis que moi aussi je dois pas avoir cette même gueule d’inconnue, alors ces fois là, je ferme les yeux et j’attend.
5:
Mon grand père, c’est lui qui vevait nous chercher tout les jours, moi et mes soeurs, à l’école pour pas qu’on mange à la cantine. Il portait nos cartables tout au long de la grande côte, à jusqu’à la maison. Le mercredi c’était steck frites ou purée saucisses et le jeudi poisson là c’était moins drôle: on le voyait comme nous, derrière son assiète, ronchonner pour mettre la fourchette à la bouche. C’était souvent trop poivré, et surtout plein d’arrettes. Il compatissait et nous faisait signe de tout avaler d’un coup, pour que ça passe mieux. Après le dejeuner, avant de retourner pour l’école, on avait droit à un bonbon ou deux selon le courage qu’il nous avait fallu pour avaler le poisson de mamie. Il nous était comme redevable parce qu’on avait pas déclancher la colère de mamie et pour lui ça c’était comme des vacances.
Plutard quand je me suis dis que ce serait peut-être bien de lui revoyer l’ascenceur et de le serrer tout contre moi, grand père m’a semblé loin presqu’inacsessible, il m’a regardé en compatissant et m’a fait signe d’avaler d’un coup pour que ça passe mieux. Mon chagrin il avait pas le goût des bonbons ni du steck frites, mais il était plein de ces arrettes qui vous reste dans la gorge.
6:
Avec un Bic bleu, sur la tapisserie toute veuve de ma chambre, j’ai dessiné des mouettes.
En fait c’est juste des V jeter entre les motifs de la tapisserie neuve de la chambre à coucher,
des sortes d’oiseaux qui circulent entre les nuages de ma nouvelle chambre:
Je la trouvais un peu vide, c’était juste un ciel, il n’avait rien à y voir pour trouver le sommeil. Maintenant c’est les mouettes,
ça se comptent pareil que les moutons c’est juste que ça prend moins de place alors je pensais que c’était une bonne idée.
Pour pas me faire prendre, j’ai ouvert la fenêtre de la chambre à coucher toute neuve, suffisamment longtemps pour que des mouettes y rentrent,
c’est possible.
Tout le monde n’a pas été de cet avis quand j’ai expliqué sur un ton convaincu que les oiseaux c’étaient posés tout seul entre les nuages de la tapisserie. Et puis ensuite ma mère m’a demandée de me laver les mains, elle n’a rien demandé de plus.

Voici le site regroupant les cartes de bureau d’Études
Pour vous en exclusivité, en avant première…
Je suis en stade de correction donc n’hésitez pas.
Poursuivre la lecture de «et d’un doigt sex-symbole»

Entre la camisole de force et le cocon, ce costume entravant la vision, la respiration, la parole, l’ouïe et tout mouvement sera outil de performance. Lors d’un défilé, deux autres personnes seront obligées de le porter pour qu’il puisse défiler, tel un gastéropode qui n’a qu’un pied, à l’instar d’un escargot.
Le matériau chaussure de toile/converse a été employé en référence à la société de consommation et à son fétichisme de la chaussure -de toile notamment. Ce vêtement accompagné d’un masque fait également référence au fétichisme de l’objet que l’on trouve dans les costumes sado-masochistes.
Dans ce costume, j’extériorise les conditions humaines, le sentiment d’oppression, d’entravement. A la fois le vêtement a une fonction première de protection et ici elle est outrancière jusqu’à l’étouffement, et à la fois il désigne une identité sociale, personnelle qui est représentée ici par les chaussures, c’est alors un modèle qui se fait « marcher sur les pieds », piétiné, de plus ce vêtement est repoussant puisqu’il sent atrocement les pieds. C’est un détournement car normalement les chaussures aident à la marche, alors qu’ici, elles empêchent la marche. Au final, le corps devient objet(s), sculpture, statue selon les lois de la frontalité.
Voici quelques dessins que j’ai faits récemment. Ils parlent de ma relation avec le monde de l’art, de ce que j’aime, de ce qui me révolte ou de ce que je ne comprends pas. Là aussi c’est dans la quantité puis dans la sélection que je pourrai en faire quelque chose.
Ce travail me permet de rendre physique les idées que le laisse d’habitude au stade d’idée. Pour la plupart de ces dessins, j’ai choisi l’ironie voir même le sarcasme pour confronter différents niveaux de lecture et pour alléger le poids de la plume que l’art contemporain s’est greffé au rectum.




J’ai commencé cette typographie « hommage » à ma grand-mère à l’occasion de l’exposition du « Tire-jus » (livre d’artiste sérigraphie et gravure).
Voici le « A » et le « T », les 24 autres arriveront.
Je tiens à préciser que je ne suis pas du tout typographe, et que ceci est encore un prétexte à faire de l’image, à imprimer.
Si je suis venu dans cette école, c’était aussi parce que je pensais qu’il y aurait plus d’échanges entre les différentes sections. J’ai eu tort mais ce n’est pas pour autant que je m’empêcherai de toucher à la com. ou au design si j’en ressens l’envie ou le besoin, pour moi ou mon travail.













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