Archive pour juillet 2005

Participatory Culture Foundation – HYPE

Vendredi 29 juillet 2005

dtv
Participatory Culture Foundation – HYPE

La sortie du player DTV lié au projet Participatory Culture est prévu pour le 9 aout dans une version Beta sous macosX dans un premier temps. La version win32 ne devrait pas tarder. Pour mémoire, ce player est un aggrégateur RSS, un lecteur podcast, architecturé autour du player VLC (VideoLan Client) développé initialement par les étudiants de l’Ecole Centrale de Paris, et adopté depuis notamment par Google ou Free (pour leur fameux freeplayer). Dans ce projet, ce qui reste à mon sens fondamental est bien la partie serveur, l’outil de publication BroadcastMachine. Néanmoins, pour avoir vu certains screenshots du projet DTV (pour lequel un concours de design est en cours), il semble que cet outil va aussi devenir une première préfiguration importante d’un lecteur Podcast OpenSource, qui constitue en soi la préfiguration d’un client de Television dans le monde de l’hypercast. FireAnt est un autre outil de ce type.

Pour voir le rendu possible de la plate-forme de publication BroadcastMachine, j’ai effectué quelques tests visibles à l’adresse suivante :
http://claude.le.berre.free.fr/bm

Pondération et sémantique

Vendredi 29 juillet 2005

Depuis le temps que je me préoccupe de sémantique associée à la vidéo, j’ai pu me rendre compte que les approches des experts en ce domaine, ceux notamment qui ont conçus la norme MPEG7, sont, non pas erronées, mais inopérantes en terme de répercussions sur les utilisateurs finaux, ceux qui vont consommer les médias décris et les décrire en retour. Pour avoir expérimenté des outils d’indexation vidéo puissants, et en avoir moi-même conçus, il m’apparait que ce qui pêche est la pensée initiale sur une certaine perfection de cette indexation : L’outil repose sur la structure finale de l’indexation a produire, l’utilisateur doit donc s’approprier l’outil, donc s’approprier la structuration du média que propose l’outil… et tout cela est bien compliqué, quand bien même des tonnes de travaux de recherche ont été effectués pour en arriver à ce résultat.

Il ne faut tout d’abord :
1) ne jamais oublier que l’indexation est quelque chose de purement subjectif, et qu’un même média aura autant de descriptions différentes que d’indexeurs différents.
2) que le coùt humain d’indexation des médias est quelque chose d’incommensurable et d’inenvisageable.

Bien entendu, il y a déjà des travaux qui sont engagés dans la direction des ontologies pour permettre de s’assurer que ce que l’on nomme un chat est bien un chat, mais une fois encore, ces outils d’ontologie restent utilisables par un nombre restreints d’utilisateurs avertis. Je pense au logiciel protégé.

Finalement, c’est à mon sens bien du côté des « social networks » et des « social software » qu’il faut se tourner. Car il est bien clair qu’une indexation ne prend son sens que lorsqu’il y a convergence. Les choses, le sens, apparaissent par pondération.

Tout cela me fait bien toujours penser à Wittgenstein, qui après un retentissant tractacus est revenu sur ses pas, ou plutôt, est allé plus loin en posant la question de la convergence du sens, de la notion de règle. Pourquoi, malgré la présence d’une partition musicale clairement « normalisée », une convergence va avoir lieu sur la « façon » de jouer un morceau de musique.

On peut je pense appliquer les mêmes réflexions à l’indexation des médias, et cela revient à dire que l’indexation va naitre des « communautés de sens ». Ce sont ces sus-nommés « social software » qui permettent de créer ces communautés de sens.

Un dernier élément fondamental est nécessaire pour que se répande massivement une approche sémantique, c’est la simplicité des outils et plus encore, leur intégration dans des processus courants d’usage. Les tags sont une première approche mais restent primaires. Par contre, si l’on parvient à faire se fusionner consommation et action productive, vers ce que l’on appelerait une consommaction (le terme prosuming?) alors on parviendra à rendre nécessaire et incontournable une action d’indexation systématique des médias. Comme pour les réseaux de neurones, tout n’est affaire que de PONDERATION.

Jan Robert Leegte

Lundi 25 juillet 2005

scrollbar
Jan Robert Leegte

Le NET ART, c’est un dénominatif qui contient le plus souvent des choses inintéressantes, des choses qui se perdent dans le technolâtre et dans le spectaculaire, mais en oublient la recherche de sens. Le principe à ne jamais oublier est que le réseau ou les nouvelles technologies sont de nouveaux moyens, permettant de nouvelles médiations, mais ne sont pas des fins en soi. Jan Robert Leegte prend pour matériau cet environnement computationnel et son design associé, que nous fréquentons de plus en plus tous les jours. Mais là, où la majorité des expérimentateurs des nouvelles technologies oublient de sortir du territoire des outils qu’ils emploient, Leegte ressort vers l’espace physique. Une oeuvre toute empreinte de minimalisme comme on aimerait en voir plus souvent. Ses écrans javascripts hyper minimaux sont de toute beauté, ses scrollbars flottent dans l’espace, ses curseurs deviennent des forêts. Jan Robert Leegte fait du grand art…

My Blog, My Outboard Brain

Vendredi 22 juillet 2005

Web DevCenter: My Blog, My Outboard Brain

Je tombe sur cet article déjà ancien de Cory Doctorow, acteur important de la « culture libre » et blogueur sur le site boingboing.net, l’un des blogs les plus en « vogue » ces dernières années, site un peu maniéré, mais qui distille toujours ça et là des news très intéressantes. Cory rappelle dans cet article ce qui est le coeur même du blog et de l’activtié de blogging, sur lequel je reviens dans ce blog aussi régulièrement : le blog est un lieu de consolidation de la mémoire. C’est avant tout un exercice d’écriture, donc un exercice de d’inscription et de structuration de notre mémoire. L’activité du blog, dans sa dimension instantanée, implique aussi le traitement d’un grand nombre d’informations, qui souvent saturent nos possibilités cognitives (le fameux cognitive overflow syndrome) pour en tirer une synthèse. Le blog d’un individu est une synthèse de lecture d’autres blogs, et en quelque sorte, quand l’exercice est fait de manière automatique, instantané, une image d’un instantané de ses réflexions. Tout ceci me fait aussi penser à ma lecture du dernier livre de Bernard Stiegler, « la catastrophè du sensible », où celui-ci, pourtant grand théoricien de l’écriture et de l’organisation de l’inorganique, aborde le blog en en oubliant cette partie fondamentale (qu’il ne devait donc à l’époque de la rédaction de ce livre visiblement pas connaitre).

Social Services as an Inversion of Traditional Privacy

Jeudi 21 juillet 2005

« Social » Services as an Inversion of Traditional Privacy

L’auteur de l’article pose le paradoxe de l’utilisation des logiciels, non pas « sociaux » comme la traduction littérale le voudrait, mais collectifs. En utilisant ces logiciels, ce que je fais aussi par ailleurs (del.icio.us ou flickr), et en permettant une mise en lien de ces informations entre elles, on permet en effet de fournir de précieux indicateurs sur nos centres d’intérêt, donc nos profils de consommateurs. En même temps, et c’est ce qui ressort, le gain de tels logiciels, notamment le gain cognitif, celui qui permet de mettre en place une mémoire externalisée sous différentes formes, l’emporte sur ces préoccupations de vie privée certes valides, mais « pour l’instant », peut-être encore assez peu visibles.

Internet Archive: Details: Das Kabinett des Doktor Caligari ( The Cabinet of Dr. Caligari )

Mardi 19 juillet 2005

caligari
Internet Archive: Details: Das Kabinett des Doktor Caligari ( The Cabinet of Dr. Caligari )

« [...]the Work may be freely reproduced, distributed, transmitted, used, modified, built upon, or otherwise exploited by anyone for any purpose, commercial or non-commercial, and in any way, including by methods that have not yet been invented or conceived ».

Le célèbre film expressioniste « Le cabinet du docteur Caligari » rentre dans le domaine public et est disponible en téléchargement sur le site habituel http://www.archive.org. Qu’est ce qui va naitre de tous ces éléments de notre mémoire globale qui maintenant deviennent accessibles librement, pour être consultés peut-être et bien sur, mais surtout pour être réutilisés, transformés, réactivés autrement?

Réjouissante aussi cette assertion dans la licence de l’oeuvre dont un extrait est reproduit plus haut : « L’oeuvre peut être librement modifiée [...] par des méthodes qui n’ont pas encore été inventées conçues »

Nodezilla – Grid networking

Vendredi 8 juillet 2005

Nodezilla – Grid networking

Du streaming P2P en vidéo en utilisant la technologie GRID. Peercast est déjà une technologie très intéressante que j’ai pu tester dans le cadre d’un streaming MP3. Cela fonctionne mieux que freecast qui est aussi beaucoup plus difficile à configurer et qui est moins facile à faire fonctionner aussi côté client. La technologie de transmission en broadcast est maintenant grandement menacée et je ne lui donne plus que quelques années à vivre, le temps que les grands dinosaures comprennent l’ampleur du mouvement P2P en ce qu’il révolutionne aussi les modèles économiques. Ce sont maintenant les utilisateurs qui dictent les règles, les « consumers » sont maintenant des « prosumers ».

Redefining Television

Vendredi 8 juillet 2005

Je continue mes recherches sur l’avènement des nouvelles plate-formes de distribution de télévision démocratiques, parce que faite par et pour les « citoyens ». Je tombe sur un certain nombre de travaux, réflexions qui sont encore une fois très intéressantes.

1) Tout d’abord, les articles de Mark Pesce qui tente de mettre en perspective l’évolution actuelle des outils de distribution massive de contenus vidéos produits par les simples individus, dans une perspective plus large qui est celle de la télévision numérique en général :
* Mindjack – Redefining Television
* F*ck Big Media: Rolling Your Own Network

Mark Pesce est notamment l’auteur de cet article fondamental à mon avis : Mindjack – Piracy is Good? How Battlestar Galactica Killed Broadcast TV

2) et aussi le concept MassiveMedia de plate-forme de distribution de Dan Melinger, qui définit une architecture technique de distribution de contenus vidéos et qui s’intéresse notamment à la condition sine qua none de réussite d’une telle évolution et qui repose sur des outils simples, des interfaces utilisateurs réduits à leur plus strict minimum.
* massiveMEDIA

Je continue par ailleurs à expérimenter la plate-forme BroadcastMachine qui en est à sa version Beta10 et qui correspond à l’une de ces tentatives de démocratiser la publication vidéos sur internet. Il s’agit d’un outil qui permet de créer des chaines de diffusion (les channels) auxquelles sont rattachées des médias qui sont soit uploadés sur le serveur, soit accessibles par un lien torrent, soit simplement mis en lien. L’outil permet notamment aussi de rattacher des métainformations sur ces médias : une image de référence, des métadonnées descriptives, des balises de mots-clés (les fameux tags) et des informations de type licence CreativeCommons. ll est très simple de publier du contenu avec celle-ci. J’ai effectué quelques tests assez concluants mais l’usage intégré de BlogTorrent n’est pas encore assez clair, par contre le parti-pris de permettre de publier aussi des médias définis seulement par une URL permet de reposer sur une plate-forme de stockage libre (genre archive.org) tout en contrôlant la plate-forme de distribution. L’inconvénient de archive.org étant bien entendu le temps de latence entre le moment de mise en ligne, et le moment de validation du contenu (qui est lié à un temps de modération nécessaire pour éviter le dépôt de contenus illicites (interdits de droits ou pornographique/faciste/etc.). La plate-forme Broadcast Machine demande aussi à être traduite et encore probablement à être simplifiée (permettre au moins un mode simplifié et un mode expert).

Etat des lieux des plate-formes de webcasting

Vendredi 8 juillet 2005

Be the Media: the state of the public webcasting platform – CommonMedia.org

Un bon article sur le blog de commonbits, qui rappelle l’état des lieux en ce qui concerne les plate-formes d’hébergement et les dispositifs de mise en ligne de contenu de type podcast/webcast, mais surtout video à la sauce broadcast machine.

vogma

Jeudi 7 juillet 2005

l\'homme à la caméra
vogma

Petite manifeste du videoblogging, ou vogging (mot que j’aime bien par sa proximité avec le mot voguer), par Adrian Miles, un spécialiste du genre.

1. un vog respect la bande passante
2. un vog n’est pas de la vidéo en streaming (ce n’est pas une réinvention de la télévision)
3. un vog utilise du son et de la vidéo utilisé capturé en direct
4. un vog est personnel
5. un vog utilise la technologie existante (ne nécessite rien de plus)
6. un vog expérimente avec la vidéo et l’audio comme écriture
7. un vog se situe entre écriture et télévisuel
8. un vog explore le lien ténu entre mots et images animées
9. un vog c’est dziga vertov avec un mac et un modem (NDR : ou tout autre système informatique)

Ce qui est important, et qui est occulté dans l’approche du weblog qui est par essence écrit, c’est que l’essence du blog/du vog, de toutes les formes de publication web de ce nouveau type, c’est surtout de l’ECRITURE.