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Maintenant que firefox a atteind une maturité certaine et effectue une véritable percée auprès du grand public, plusieurs éditeurs de logiciels s’emparent de cette plate-forme – car firefox, avant d’être un browser, est avant tout une plate-forme -, et font dériver l’outil vers d’autres usage. J’ai déjà mentionné flock récemment. Il existe à présent un nouvel outil, songbird, qui devrait sortir mi-décembre et qui semble faire évoluer firefox vers un lecteur audio/video, comme itunes, ipodder, anttv. On peut très bien s’imaginer qu’à terme, firefox sera donc le lecteur multimédia (de type podcast encore), au même titre que le client DTVdu projet participatory culture, qui n’existe pour l’instant que sous macosx et linux (en version très alpha).
Firefox et ses dérivés offrent donc immanquablement une préfiguration de la plate-forme future de la télévision sur le web, car il est bien clair que la télévision va se déplacer sur le web : l’interactivité sur le web est déjà beaucoup plus élaborée qu’elle ne parvient à l’être sur la TV en broadcast, où aucun format interactif n’a vraiment émergé (pensons à MHP, ou à OpenTV). Cette bataille des formats et de la normalisation qui fait rage aussi sur le web ne peut mener à rien dans le monde du broadcast et c’est une première raison de cette fin annoncée du broadcast.

Ensuite, la véritable expérience télévisuelle que veulent les consommateurs, c’est la vidéo à la demande (même si cette vidéo à la demande ne l’est plus car la demande « vraie » n’existe plus, elle se synchronise en direct, comme dans le projet TV de Al Gore et Google : CurrentTV). La vidéo à la demande n’existe pas, tout ce qui est proposé est toujours soit une pseudo VOD (VideoOnDemand) ou le choix est réduit, ou alors, ou les temps de diffusion sont régulier, tous les 15min, et on se branche sur « notre choix »(NVOD). La seule vraie Vidéo à la demande que je connaisse se nomme emule, edonkey, etc., même si l’illégalité de la pratique fait oublier l’innovation du principe. L’innovation du principe, c’est la résolution du problème de la bande-passante par le partage du téléchargement / chargement. La plate-forme BroadcastMachine repose sur ce mécanisme : je poste un fichier un torrent d’un fichier vidéo de grande taille, et dès publication de ce fichier, des personnes peuvent instantanément commencer à télécharger son contenu et à le partager. Cette innovation permet notamment à chacun de devenir émetteur, ce qui introduit une véritable subversion dans le principe télévisuel qui est avant tout un moyen de controler les masses, une communication uni-directionnelle.
Si la télévision numérique à la mode satellite, cable ou terrestre aura du mal à rester, c’est aussi par son manque de voie de retour, celle qui permet de renvoyer à l’émetteur les gouts télévisuels du consommateur et de lui envoyer des annonces publicitaires personnalisées. Bien entendu, des moyens mixtes apparaitrons surement. Cette voie de retour éminemment stratégique est en même temps très difficile à faire accepter au consommateur qui y voit une incursion dans sa vie privée. Sur internet, la question ne se pose pas : la voie montante, c’est le choix, le clic, le coeur du principe hypertexte.

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