Archive pour janvier 2006

Vivre et penser comme des porcs

Vendredi 20 janvier 2006

« Nous sommes des naufragés sur une planète vouée à la mort… Nous serons engloutis mais il convient que ce soit d’une manière que nous puissions dès maintenant considérer comme digne de notre grandeur. »

Norbert Wienert, Cybernétique et société, in Vivre et penser comme des porcs, Gilles Châtelet.

« Toute vie humaine n’est que la gestion optimale par un égoïsme rationnel d’une conduite de survie dans un monde soumis à la rareté. »

Gilles Châtelet, Vivre et penser comme des porcs.

« La famille, l’école, l’armée, l’usine, sont des figures chiffrées, déformables et transformables d’une même entreprise qui n’a plus que des gestionnaires. »

Gilles Deleuze, in Vivre et penser comme des porcs, Gilles Châtelet.

vivre et penser comme des porcs

Dystopie

Vendredi 20 janvier 2006

Si l’on parcours la littérature du genre science-fiction, on est le plus souvent fasciné par des scénarios apocalyptiques. Cette fascination repose souvent aussi sur le fait que les scénarios apocalyptiques ne constituent qu’une extension, un prolongement d’un présent vu et vécu par l’auteur et aussi par le lecteur, donc en quelque sorte une exorcisation. Si l’on considère le livre « l’apocalypse » de Saint-Jean, il porte en exergue « Ecris dans un livre ce que tu vois ». L’apocalypse écrite est donc toujours l’image d’un présent et non celle d’un futur, une simple projection écrite. L’apocalypse projetée dans un avenir n’existe pas, mais l’apocalypse au présent existe tous les jours, en permanence. On peut pour s’en convaincre examiner les événements physiques de particules de matières qui libèrent des forces extrêmes à chaque instant, ou de manière plus humaine : regarder par le biais d’une lucarne cathodique un Beslan, un Djénine, une Nouvelle-Orléans.

Une dystopie est le cauchemar d’une utopie. Si l’utopie est un monde meilleur alors une dystopie est un monde qui empire. Il y a dans l’actualité très souvent des faisceaux d’informations qui tendent à nous faire penser que les choses vont s’empirant, notamment le pire de tout, la déshumanisation du monde, la perte d’humanité.

Quelques liens parcourus ces jours-ci m’ont mené à cette réflexion :

- Des prisons automatisant les comportements des prisonniers.

- Les robocops coréens.

V/VM 365 – VVMT365 – VVM

Lundi 16 janvier 2006

365 vvm

V/VM 365 – VVMT365 – VVM

« The idea is basically to create and upload free audio for one whole year and leave a massive big mess behind, warts and all for you to digest as you see fit. »

« The digital youth of today are being brought up on a near limitless diet of free and disposable music from file sharing networks. Fuck iTunes and cold soulless paid downloads. Give something in the hope of something new happening. What goes around comes around. Have fun with what you find around here. »

jimpunk

Dimanche 15 janvier 2006

http://www.jimpunk.com/www.pulp.href

jimpunk

webjay, del.icio.us et flickr…

Mardi 10 janvier 2006

Yahoo! Music Welcomes Webjay and Lucas Gonze

… sont trois applications que j’affectionne. Webjay permet de fabriquer et partager des playlists avec d’autres utilisateurs et évidemment, tout cela fonctionne de manière totalement communautaire, de sorte que cela ajoute une pondération aux morceaux les plus souvents présents dans des playlists, etc. à voir aussi le très intéressant mode de représentation webjay social computing.
Ce qui est intéressant avec Webjay, c’est que c’est la playlist qui prend de la valeur et non pas le morceau lui-même. Cela nous ramène vers l’intérêt et la qualité de certaines compilations sur K7 ou de certaines mixtapes. Je caresse l’idée d’une application équivalente qui génèrerait des montages vidéo à partir de playlist sur des segments vidéo librement partageable. Je vais essayer de produire quelque chose en ce sens sur le site en construction d’un projet que j’ai appellé vertov.

Par ailleurs, pour en revenir à Webjay, Yahoo a fait l’acquisition de ce service…

Accordionist Stefan Hussong performs at Other Minds 10, 2004

Dimanche 8 janvier 2006

Internet Archive: Details: Accordionist Stefan Hussong performs at Other Minds 10, 2004

Tout le monde, en France au moins, connait Yvette Horner, reine populaire de l’accordéon musette. J’avais découvert, en 1997 je crois, lors d’une visite au centre d’art contemporain de Kerguehennec, le formidable travail musical de Pascal Contet, musicien contemporain utilisant l’accordéon comme source sonore principale, qui m’avait fortement impressionné. J’ai pu ensuite explorer d’avantage cet instrument qui est vraisemblablement l’un des plus beaux générateurs de sons qui existe, en écoutant notamment Astor Piazzola et son disciple Richard Galliano. Trop méconnu, l’accordéon est un instrument qui reste cantonné dans une image rétro rattachée au bal musette, alors même que c’est un instrument dont la palette sonore et la possibilité technique est très variée et se déploié parfaitement dans une veine acoustique et expérimentale.

La performance de Stefan Hussong trouvée sur archive.org illustre bien le spectre large que peut couvrir ce formidable instrument.

Bonnet blanc / Blanc bonnet

Dimanche 8 janvier 2006

faces

Travail d’un artiste inconnu qui m’est arrivé par la boîte aux lettres. Petit mix de deux portraits d’individus suspects, car dangereux. A diffuser largement pour l’étrangeté de l’image et la facilité déconcertante avec laquelle les traits se rejoignent, se reconnaissent peut-être… Physiognomonie.

La Monte Young , San Francisco, 1965

Dimanche 8 janvier 2006

Internet Archive: Forty-Two for Henry Flynt by La Monte Young performed by Peter Winkler (gong) at the Third Annual Festival of the Avant Garde in San Francisco, 1965

Le broadway de l’internet

Jeudi 5 janvier 2006

The Million Dollar Homepage

million dollar homepage« >

Internet crée bien de l’espace. L’idée du jeune étudiant à l’origine du site web « The Million Dollar Homepage » qui a (bientôt) vendu 1 million de pixels d’une simple page Web à qui le voulait (le plus souvent des annonceurs) est assez impressionnante, l’idée de rameuter annonceurs qui paient et internautes qui cliquent. Le coût du pixel est apparemment très bon marché au regard du nombre de clics des badauds qui viennent visiter ce site (touristique), ce qui fait que les annonceurs ont massivement acheté de l’espace. Les 1000 derniers pixels sont en vente sur eBay, ce qui veut dire que bientôt ce projet atteindra son terme. Et il est bien clair que l’originalité de ce projet, allié à la curiosité esthétique qu’il a contribué à fabriquer vont bien faire de cette page Web une page de l’histoire d’internet qui durera encore un temps, car elle sera visitée, ce qui augmentera son intérêt auprès des annonceurs, etc. On peut même penser que le créateur pourra créer des concessions payantes… Cette page est donc l’invention d’n monument, d’un point qui jallonne internet en tant qu’espace, une sorte de broadway de l’internet.

De la disparition

Mercredi 4 janvier 2006

Communication et enregistrement

Dans son blog, récemment remanié esthétiquement, Gregory Chatonsky rappelle dans un article récent le paradoxe des téléphones portables, qui d’outils de communication, donc de transmission d’un message communicationnel « qui ne reste pas », deviennent des outils de capture et d’enregistrement photographique et vidéographique et donc retiennent l’information. Qu’en est-il de la nature profonde de ces prothèses que nous portons à même notre corps et qui deviennent peaux et organes, et que donc nous ne « portons » plus puisqu’elles s’intègrent à notre corps même, et constituent la membrane, l’interface de communication et de perception/sensation avec le monde extérieur. Je ne porte pas un portable, il s’insère, se love dans ma main, dans ma paume (« palm », mot anglais de paume). Ces outils deviennent même plus que des prothèses, ils deviennent le corps lui-même… et le corps carné de disparaitre.

Dans l’exposition « Meisterwerke der Medienkunst aus der ZKM_Sammlung », à laquelle je faisais référence hier, quelques écrans de télévision diffusaient de cours documentaires de penseurs importants des nouveaux médias. Les écrans ne faisaient que diffuser des images, car pour capter le contenu, il fallait se coiffer d’un casque : j’ai choisi d’écouter quelques mots de Jean Baudrillard dont les essais m’ont fortement influencé, et je tombe sur ces mots (que je transcris de mémoire, donc remaniés) :

« avec le virtuel, pour la première fois une espèce, l’espèce humaine choisit de disparaitre, de s’anéantir, dans une autre forme… »

Autant j’avais pu associer la notion de disparition au problématique de vitesse, que l’on retrouve aussi dans les essais de Paul Virilio, autant je ne m’étais pas formulé les choses en ces termes , toujours trop proche que je suis de ma présence carnée au monde (Dans d’autres sphères, Antonin Artaud parlait d’un corps sans organe). C’est en ce sens que pour moi les prothèses que sont les outils et « périphériques » (le terme qualifie bien ce qu’est une membrane), sont plus que des choses portées, elles sont à terme des artefacts de corps disparus, ou alors les présences au monde de corps disparus.