Archive pour janvier 2006

Un résumé de la discussion sur le projet DADVSI

Mercredi 4 janvier 2006

assemblee
(video format MPEG1)

Les parlementaires ont donc débattus sur la fameuse loi DADVSI particulièrement rétrograde, puisqu’elle n’a qu’une vision commerciale et répressive des nouvelles technologies de l’internet comme le P2P. Ayant pour une fois visualisé les débats en direct sur internet, j’ai pu constater déjà que les deux seules solutions de streaming vidéo proposées était Real et Windows Media Player. Le coeur du débat sur les nouveaux médias, et notamment sur les DRMs, c’est bien l’interopérabilité, et le projet Digital Media Project est l’une des seules initiatives qui aillent en ce sens. Et même si les DRMs ne marchent pas, il faudra tout de même s’y mettre, que ce soit pour les contenus payants, mais aussi les contenus libres. Une loi restrictive ne parviendra jamais à faire renoncer aux utilisateurs à l’usage qu’ils souhaitent des médias à l’heure numérique : ce que je veux, où je veux, quand je veux. Le chemin est néanmoins encore long avant de parvenir à des offres de contenus et des solutions technologiques de protection qui garantissent au consommateur ces trois aspects.

J’ai pu aussi apprendre par le biais d’une parlementaire quelle était leur représentation de l’artiste : buruel, sardou et johnny. Sans rentrer dans des jugements de valeur, il apparait que cette liste représente la liste des musiciens les plus « sponsorisés » par la SACEM. La tentation donc de maintenir les modèles économiques (déjà bancaux) existants est toujours trop forte.C’est oublier encore une fois que certes ces artistes sont efficaces en terme de vente, mais il y a fort à penser qu’ils iront aux oubliettes quand ils seront passés à trépas, seul le temps décide de la valeur d’un artiste.

Enfin, se concentrer sur des mesures de protection, pour garantir certes le droit des auteurs, c’est oublier l’enjeu des supports, c’est oublier qu’une inscription livrée sans son mécanisme de décryptage est vouée à la disparition. Il y aura un temps où la notion d’auteur disparaitra, seul restera celle d’invididu capable de solliciter la totalité de la création existante et de la refaçonner encore d’une autre manière.

Voilà un peu la synthèse des débats telle qu’elle m’est apparue et que j’ai tenté de retranscrire dans le petit montage vidéo téléchargeable en début d’article.

Deux expositions au ZKM

Mercredi 4 janvier 2006

J’ai eu enfin l’occasion mi-décembre de visiter le ZKM à Karlsruhe, centre pour l’art et les médias technologiques, centre d’art mondialement connu et tourné vers la création contemporaine tournée vers la technologie. Ce fut notamment l’occasion de découvrir l’exposition actuelle « Oeuvres maitresses des « arts médiatiques » de la collection du ZKM« .

zkm meisterwerke
(vidéo format MPEG1 de l’exposition)

Le ZKM est une vraie réussite, il n’y a pas ici d’élitisme de l’art comme on peut le voir dans certains centres d’art contemporains (même si je me refuse absolument à faire une quelconque critique des lieux d’art contemporains) : des oeuvres subversives et relativement formelles ou conceptuelles cohabitent parfaitement avec des oeuvres plus ludiques d’avantage tournée vers une approche interactive plus simplette. Cette parfaite coexistence (avec le risque parfois d’une trop grande juxtaposition d’oeuvres) d’oeuvres variées permet à cette exposition de la collection d’être finalement accessible et plaisante à des publics très variés. Mon utilisation du terme « plaisante » étant peut-être ce qui trahis cette exposition par rapport à des visiteurs recherchant une articulation pointue d’oeuvres afin de développer une réflexion particulière.

Un élément redondant dans l’exposition est bien entendu la figure de l’écran, mais plus encore celle du téléviseur. Et ce n’est pas le contenu qui est ici recherché mais bien le contenant, le support que représente le téléviseur à tube cathodique. Cet aspect est bien entendu extrêmement présents dans les travaux des activitistes de Fluxus, Wolf Vostell qui propose avant l’heure une archéologie du téléviseur CRT en l’enfermant dans des coffres en béton, ou en le soumettant à une dislocation complète, ou Nam June Paik célèbre pour ses sculptures utilisant le téléviseur comme matériaux principal.

Quand l’écran devient celui d’un ordinateur, on a d’avantage de réticences à aller explorer l’oeuvre, peut-être parce que l’on pourrait dans ce cas le faire chez soi, comme pour nombre de pièces de net-art, donc pas la peine de se déplacer dans un lieu d’exposition pour cela. Du coup, toutes les oeuvres interactives n’étant en soi que des créations informatiques sollicitant les interfaces habituelles écran et souris sont plutôt délaissées par les visiteurs. On leur préférera des oeuvres plus anciennes mais toujours aussi efficace comme la pièce célèbre « The legible city » de Jeffrey Shaw, où l’on doit tout simplement enfourcher un vélo, pédaler et tourner le guidon, pour évoluer dans une ville où les bâtiments sont composés de lettres qui écrivent des mots puis des phrases. Une autre pièce encore, « SonoMorphis« , propose au spectateur de se munir de lunettes 3D et de manipuler par le biais de pupitres des formes organiques en 3 dimensions. Même si le résultat en soit n’est pas des plus novateurs, c’est bien la possibilité offerte au spectateur d’intervenir, de manipuler qui fait le côté « plaisant » de l’oeuvre. Il est à noter d’ailleurs que beaucoup de pièces présentées lors de cette exposition étaient aussi présentes lors de la rétrospective sur l’art cinétique au musée des arts modernes de Strasbourg. Alors qu’il est était impossible lors de cette exposition de Strasbourg de tout simplement actionner les mécanismes, ce qui entrainait une réelle frustration et une impression de vision incomplète de l’oeuvre, l’exposition du ZKM offrait cette possibilité.

Plus anecdotique car plus touffue, plus désordonnée et trop éclatée, l’exposition « Lichtkunst » se focalisait uniquement sur le matériau lumière. On retiendra tout de même la pièce hypnotique de Tony Conrad, The Flicker, oeuvre stroboscopique en 16 mm de 1966.

lichtkunst
(vidéo format MPEG1 de l’exposition)