
Bodies are becoming like cities, their temporal coordinates transformed into spatial ones. In a poetic condensation, history has been replaced by geography, stories by maps, memories by scenarios. We no longer perceive ourselves as continuity but as location, or rather dislocation in the urban/suburban cosmos. Past and future have been exchanged for ¡cons: photos, postcards, and films cover their loss. A surplus of information attempts to control this evanescence of time by reducing it to a compulsive chronology. Process and change are now explained by cybernetic transformation, making it more and more difficult to distinguish between our organic and our technological selves. It is no longer possible to be rooted in history. Instead, we are connected to the topography of computer screens and video monitors. these give us the language and images that we require to reach others and see ourselves.
Almost a relic, the body is exercised and sanitized to glorification. It is the last refuge of identity. Like the vanishing city, the body remains as the only concrete proof of existence. Yet, scattered and fragmented under the weight of technology, body and city can’t be recovered by means other than those that displace them: they must be recorded or registered anew. Video replaces the personal diary. Made up of images, urban culture is like a hall of mirrors, its reflections reproduced to infinity. Confronted with their own technological images, the city and the body become ruins. Even technology is attacked by an obsolescence that renders it old instantly. We are faced with a transitory landscape, where new ruins continually pile up on each other. It is amid these ruins that we look for ourselves.
in Megalopolis, Celeste Olalquiaga.
Cela me fait penser aux boites craniennes contenant des architectures de temple en ruine, présentées dans cette fameuse casa memoria de Anne et Patrick Poirier, exposition de l’été 2005 au centre d’art Andre Malraux à Colmar. La mémoire comme cité, cités toujours et inexorablement vouées à devenir ruine. Les corps dans les villes, géolocalisés par des nouvelles technologies « mobiles » en devenir mais qui se précisent de plus en plus, tendent eux aussi à cette même ruine. On aimerait que les choses aillent plus vite, voir cette déliquescence s’accélérer encore plus, comme cette obsession qui parcourt tous les livres de Paul Virilio, marqué lui aussi par ses visions d’enfance dans les ruines d’une ville bombardée. Obsession de la vitesse qui mène plus vite vers la catastrophe, sachant que assurément, il n’y a plus rien à atteindre et attendre, car la catastrophe a déja eu lieu.
Cette fin qui a déjà eu lieu, ce sont les mots que tint l’un des acteurs de la pièce de théatre « Le bleu du ciel » de Ivan Stanev, d’après Georges Bataille et vu en 2000 au Sophiensaele de Berlin :
- »Hey, it’s over, it’s all done ».
[...] Comme si larchitecture était faite de sable Jabèsien et devait dans sa construction même disparaitre. Larchitecture moderne ne pourrait-elle pas être aperçu comme une relation aux ruines, au devenir-ruine du bâtiment? Et sil fallait à présent penser autrement notre ruine, non pas comme une fin (au double sens du terme hégelien) mais comme notre devenir même, mi-artificiel, mi-organique, la différence étant à présent impossible à instancier? Et sil fallait à présent construire de leffacement? [...]