Archive pour mai 2006

Le parc

Mardi 9 mai 2006

le parc

http://www.flashfestival.net/2006/

Le film d’animation de deux amis est en finale du Web Flash Festival pour la catégorie animation. Il « faut » voter pour cette superbe réalisation. Les firmins est une série véritablement innovante toute empreinte de poésie et dont le maniement de l’idiotie les place du côté des shadoks. à découvrir sur le site du web flash festival et sur firmins.net.

Performance

Dimanche 7 mai 2006

http://www.jeroenofferman.com/stairway/index.html

Au début, cela ne semble qu’une interprétation normale de « stairways to heaven ». Et puis très vite, ça cloche et pas seulement l’élocution déformée : derrière les personnes marchent à l’envers…

La chanson a été chantée à l’envers. Trois mois de préparation.

Abecedaire

Vendredi 5 mai 2006

abecedaire

i love art vidéo
7ème édition _ samedi 6 mai 06 de 20h à 24h
au musée d’art moderne et contemporain de strasbourg
entrée libre dans la limite des places disponibles

=> installation vidéo (double vidéoprojection + son)

• abécédaire, 2006
claude le berre

entièrement construit à partir d’images et extraits vidéos disponibles sur le réseau internet, dans le domaine public ou sous licence « creative commons », abécédaire est une grille, signe émergeant de l’éclatement de l’image… que ce soit l’image individuelle désormais pixellisée dans sa forme numérique, l’espace urbain criblé de dispositifs de vidéosurveillance ou encore le monde des cultures décliné en mosaïque à travers les bouquets de chaînes de télé numériques… cette profusion d’images disponibles et rendues malléables par les technologies numériques accessibles à tous, offre une prodigieuse possibilité de réappropriation par chacun d’une nouvelle forme de langage des images explorant les figures microscopiques et macroscopiques du genre humain… néanmoins, au moment même où semble se démocratiser cette nouvelle forme d’écriture individuelle et collective, la privatisation grandissante de la culture dont le contrôle tend de plus en plus à se concentrer dans les mains de quelques multinationales des médias, réduit de plus en plus la possibilité
d’instrumentaliser ces matériaux du passé et compromet la créativité de demain.

voir aussi ici et ici.

Extraction

Vendredi 5 mai 2006

segment

L’un des maitre mots de ma « pratique » créative est l’extraction. Non seulement cette opération est centrale dans ma pratique, mais elle aussi pour moi centrale au niveau du sens global de ce qui est fait. Je considère, allant en quelque sorte à l’encontre du courant des dispositifs génératifs et computationnels qui sont fortement expérimentés (et « demandés »…) dans l’art numérique actuel, que l’un des enjeux « à venir » dans l’art numérique (ou dans une certaine approche et pratique de cette forme) est l’EXTRACTION. Je considère venir un temps de saturation des stimulis multimédia tels que notre approche cognitive du monde va être considérablement transformée et cela va avoir une conséquence considérable sur notre approche sensible et sur notre rapport à la création (« artistique ») en général. L’artiste est et sera de plus en plus un focalisateur, un prisme, un « appareil de capture » pour extraire des singularités du FLUX omniprésent. Lorsque l’on commence vraiment à « ne faire que cela », à découper, à extraire, à SEPARER les éléments, on commence à découvrir une prodigieuse richesse de matériaux qui peuvent s’appréhender indépendamment alors même que toujours on les a appréhendés en rapport avec d’autres éléments. Un exemple : Autant la photographie a pu vivre quelques décades avant de subir des transformations importantes (noir et blanc -> couleur -> numérique), le cinéma a subi une succession d’apport technologique important quasi simultanément (nb/muet puis son/couleur/formats/etc.). Cet état de fait a eu pour effet que les apports n’ont pu être vu individuellement. Il en est de même en général de l’informatique qui subit une pression économique (plus rapide, plus de stockage, plus de méméoire) qui empêche d’explorer à un temps t la totalité des possibles.

Le son est encore un élément sous-exploité. Mes extractions sonores régulières de passages sonores ou verbaux de films me mènent à l’idée qu’il y a tout un champ d’exploration possible pour le monde aveugle mais peuplé du son des images (du cinéma en particulier bien entendu). Si on enregistre la bande son d’un film et qu’on l’écoute indépendamment on découvre un autre film. Cela me rappelle aussi le mode zweikanalton de Arte en Allemagne qui contenait souvent une bande son de description du film pour les aveugles (en plus de la sonorisation du film lui-même).

Le son donc (puisqu’on a du mal encore à explorer le toucher : seuls H.E.A.R.T of Stone et Se Toucher toi inventent quelque chose dans ce sens) est un sens de l’aveugle, ou plus intéressant, de l’aveuglement, quand « il y a trop d’images », et que tout devient blanc. L’aveuglement est-il le même entre blanc et noir? (non).

Donc, puisque je ne peux clôre là, lorsque l’on commence à extraire, on découvre des nouvelles formes de matériaux sur des choses qui étaient déjà là. Et aussi, et surtout, pour moi, extraction = temps. L’extraction, le temps de parcours, de découverte, d’extraction minutieuse, est une re-découverte du temps patient et laborieux, chose qui me tient à coeur prenant le travers de cette facilité et instantanéité du résultat par la médiation des outils numériques. Travail d’artisan plus rudimentaire utilisant plutôt les ciseaux et la colle que les puissances vectorielles et computationnelles.

abecedaire

Mercredi 3 mai 2006

esper arnolfini

Tout entier occupé ces temps-ci sur un projet d’installation vidéo présenté au Musée d’Art moderne et Contemporain de Strasbourg dans le cadre de la 7e nuit Art Vidéo proposée par le forum itinérant le 6 mai 2006.

Mon idée de départ était de présenter un mur d’images mosaïques et de laisser tourner sur la durée. Il apparait que la création d’un tel montage vidéo est difficile sans machine extrêmement puissante. Je reviens donc sur une proposition plus courte en durée mais espérons-le, plus percutante sur la forme. Je travaille depuis plusieurs mois sur cette idée d’image mosaïque, constatant que ce mode de représentation se répand de plus en plus dans notre culture visuelle contemporaine, de la visualisation des bouquets numériques, au multifenêtrage informatique. La mosaïque est surtout une méthode très souvent rencontrée dans les travaux de recherche sur l’indexation vidéo, ce qui permet d’étaler sur un seul plan le temps de la vidéo : on peut penser à videologger (de Virage technologies) ou à divers travaux de « résumés » vidéos, ou la vidéo est visualisée sur un seul plan avec des vignettes de tailles différentes en fonction de l’importance des plans déterminées de manières algorithmique. On pense aussi à cette machine, le vesper, dans Blade Runner, ou l’acteur parcoure une image dans sa profondeur et sa largeur pour y retrouver un élément d’indice : c’est finalement dans le miroir de la salle de bain qu’il trouve. A ce moment, Ridley Scott rejoins Van Eyck dans sa fameuse peinture « les époux arnolfini ».

Abecedaire est le nom de cette installation composée de deux vidéoprojecteurs projetant chacun côte à côté une image composée de 9 vignettes de tailles identiques. Ces vignettes présentes différents motifs : montage à base de plan correspondant au mot clé « sea » sur vimeo.com, montage à base de jeux vidéo, montage à base de micro séquences vidéo que j’ai réalisées sur deux ans avec un appareil photo numérique (320×240), extraits de plan de films sur archive.org, etc.

La base temps de chaque séquence est de 10 secondes, temps encore trop long, que je réduirais d’avantage pour trouver le temps idéal correspondant à la fois à un temps suffisamment bref pour ne pas laisser le spectateur « s’installer » dans le motif et sufisamment long pour le laisser re-co-nnaitre le motif. Toujours ce balancement que je recherche et qui est apparait dans la totalité de mon travail, entre l’émergence du motif qui laisse la personne « s’individuer » à travers le motif, et la cassure, la disruption qui doit être ressentie par la brièveté. Il me semble pour repenser à ces histoires de flux et de ruptures, qu’il est maintenant important de casser toujours systématiquement le flux pour laisser apparaitre des brèches qui aident à faire sens parmi le chaos des images et influx.

Paradoxalement, ce mur d’images qui va durer par intermittence 2minutes, contient pendant ce laps de temps une notion de flux, d’engloutissement dans les images, mais je le casse volontairement par des séquences de pur blanc durant autant de temps, 2 minutes (ou plus à déterminer encore).

La partie son va jouer une part importante au dispositif pour renforcer la dimension frontale et engloutissante du dispositif de mur d’images : la séquence mosaïque sera accompagnée d’une bande son forte en volume et fabriquée à partir de iTunes Signature Maker dont je parlais ici il ya quelques temps. Nous aurons donc en quelque sorte une mosaique de motifs sonores empruntés au motifs vidéo. Le son accompagnant le blanc sera un son sourd mais continue, une onde sinusoïdale en basse fréquence, sorte de matérialisation de la couleur blanche en quelque sorte, forme de silence en attente d’une salve nouvelle d’images.