Cinema Paradiso, 1989, Giuseppe Tornatore
Archive pour août 2006
Shots that changed my life (6)
Jeudi 31 août 2006Du monde et du mouvement des images
Mercredi 30 août 2006Au fond, ce que je comprends d’un film se dispose par segments ou par traits, comme un alphabet morse. C’est par montage de tel segments que je recompose un film et, peut-être, pas tout à fait à mon gré. Je pose ceci : ces traits, ces segments ne sont pas exactement faits d’images ou de signes de certification du réel ; ce sont des points de contact entre des univers de courbures différentes. Les courbures délimitent des espaces et des temps.
La coexistence de ces univers, du mien ou des miens (mais ces derniers n’ont pas de figure, ils font hémorragie, ils attendent simplement des formes, de la pensée, des modulations) et des mondes de fiction, est impossible dans la préservation de leur totalité : ils ont entre eux des points de contacts discontinus. De ces mondes de fiction, j’arrache ou prélève à la fois des traits (des bouts de choses) et des épaisseurs, des hypothèses de sens, des probabilités de signification que je veux un instant contenir, dans lesquels je peux mettre quelque chose en dérivation : une quantité momentanée de plaisir ou d’irresponsabilité qui anime, habille, fait parler des illusions de ressemblance (ressemblances d’hommes, de choses, d’histoires).
Je teste donc quelque chose comme des points de fusion de ma malléabilité à la fiction.
Du monde et du mouvement des images, 1997, Jean Louis Schefer
Shots that changed my life (5)
Mercredi 30 août 2006
Voyage au bout de l’enfer, 1978, Michael Cimino
Shots that changed my life (4)
Lundi 28 août 2006
Videodrome, 1983, David Cronenberg
Shots that changed my life (3)
Lundi 28 août 2006
Nostalghia, 1983, Andrei Tarkovsky
Un long plan séquence de plus de 9 minutes. Ici, l’image vue rejoint une performance véritable (qui peut sauver le monde), celle de traverser une vieille piscine muni d’une bougie à la flamme vascillante. Ce que l’on voit ici, est en quelque sorte, l’image d’un miracle, comme cette femme qui ressucite dans Ordet, de Carl Theodor Dreyer.
anamnèse
Vendredi 25 août 2006
Sur une bande son composé intégralement à partir de sons de disques durs cassés, une courte vidéo sur la mémoire et les supports d’enregistrements.
Bibliothèques
Jeudi 24 août 2006Pratiques
Mercredi 23 août 2006Ma petite soeur de 13 ans a elle aussi un blog : http://peaceandlove412.skyblog.com/. Le contenu de son blog correspond bien entendu à ses centres d’intérêt d’adolescente, principalement ses amies, l’amitié, etc. Elle s’est fabriquée en partant du logiciel Paint livré par défaut avec microsoft des montages photographiques, une juxtaposition dans un même cadre d’images diverses trouvées sur le net.

Et finalement, alors que j’explore la mosaïque, la possibilité de mettre sur un seul plan plusieurs motifs pour dérouler le temps dans l’espace, que j’assemble et juxtapose des images, ma petite soeur à mille lieux des considérations qui me mènent à faire cette exploration fait en quelque sorte la même chose : récupérer sur le net des images et les assembler au sein d’une même image sous une forme encore de mosaïque. A des périodes données, de génération en génération donc les pratiques restent les mêmes, des formes émergent.
Les tunnels
Lundi 21 août 2006
Londres | Mutzig
Je présente depuis dimanche dernier, dans le cadre de l’itinéraire d’art contemporain MUTZIGZAG une installation sonore dans un ancien fort militaire construit à l’initiative de Guillaume II à partir de 1893. Cette installation consiste en la sonorisation d’une galerie souterraine de 150 mètres de long reliant deux casernes souterraines elles-aussi. Les lieux de type tunnels m’ont toujours fasciné par ce qu’ils véhiculent d’impressions mentales difficilement exprimables, mais qui vont assurément chercher dans l’inconscient leur matériau. Suite aux multiples détonations destructrices ayant eu lieu hier dans divers lieux, souterrains encore, de Londres, un anonyme (ou presque), a extrait cette image de la progression souterraine des londoniens vers la surface. Je rapproche volontairement cet image à celle du fort de Mutzig, et met en lien un extrait sonore de l’installation sonore audible, ou plutôt « à vivre », jusqu’à début septembre.
Le son de l’amnésie
Lundi 21 août 2006Il y a quelques mois, je tombais sur le lien ci-dessous
Hitachi Global Storage Technologies | Support | Knowledge Base
Sur le site de la société Hitachi, dans la « base de connaissance », on retrouve une rubrique dans laquelle sont mis à disposition des fichiers son (au format wav), des « bruits qui indiquent un disque défectueux ». Ces bruits sont donc par extension les bruits de l’effacement d’une mémoire, celle de ces supports de stockage et donc par extension, celle de nos mémoires digitales.
Ce soir-là, j’ai eu alors envie d’en faire un morceau de musique entièrement composé de sons de disque dur défecteux. Il n’y avait pas d’autres idées sous-jacentes au départ. Le morceau se construit par répétitions et fusions de ces motifs sonores qui sont tantôt laissés dans leur déroulement complet, tantôt tronqués.
En fin d’article, le morceau.
Une fois ce morceau terminé, il m’a semblé finalement que cette histoire de mémoire cassée déclinée sous la forme d’un simple morceau musical pouvait alors s’accompagner d’images. J’ai pensé alors nécessairement à ces plans de films que j’extraie régulièrement depuis déjà plus d’un an sans rien en faire. Muni de l’outil resolume, j’ai assemblé quelques plans traitant du motif de l’enregistrement : le magnéto à bande son, les images en flip-book de John Travolta dans « Blow out« , clin d’oeil sonore faisant référence au « Blow Up » d’Antonioni, Un phonogramme dans « Hiroshima, mon amour« , etc.
Au final, j’ai obtenu une réalisation courte d’à peine plus d’une minute. Rien n’était calculé dans le montage fait « en live », usant à la fois de manipulation manuelle volontaire (avec pour objectif de faire revenir certains motifs) et de processus automatiques. Ce mode de travail est celui que j’affectionne le plus souvent : préparer un matériau composé d’une collections d’éléments préalablement extraits à gauche et à droite, tout le temps, et construire de façon brute (et donc aussi maladroite) un contenu (son ou vidéo) sans calcul, sans pensée scénaristique. Ce mode de travail s’inspire vraisemblablement de mon « passé » de DJ Ambient, où je fabriquait des « paysages sonores » et avait constaté que les mix non préparés (non pensés au préalable) avait une plus grande inventivité.
On trouvera aussi des maladresses dans cette petite réalisation que je me suis refusé à remanier, des signes rappelant nécessairement les productions de VJ (répétitions de motifs, effets de retour, etc.), mais la rapidité avec laquelle j’ai produite cette petite chose (45 min entre la découverte du lien et la réalisation de la forme finale audio/vidéo), montre aussi la possibilité de dériver soudainement une idée, un média (quelques sons de disque durs cassés), en une forme plus finie, personnelle, image d’une réappropriation quasi instantanée du flux. On peut même penser que ce traitement ira encore s’accélérant dans le futur.

(anamnèse, vidéo format MPEG1 (14Mo, compatible tout lecteur vidéo), MPEG2 (90Mo, utiliser VLC) ou MPEG4(4,8Mo))
