Analogique

sableMe voilà donc de retour du monde analogique, déconnecté quelque temps de mon addiction digitale, de mon « corps information ». J’ai pu retrouver le sable sur lequel les empreintes ne cessaient de disparaitre après un revers de ma main ou lors d’un assaut de la mer. Je pensais à Edmond Jabès et à son inlassable interrogation de l’empreinte, du vent, de la poussière. Malgré tout cela, la prise de conscience de l’aliénation que constitue cette machine sur laquelle je passe la quasi totalité de ma journée (professionnelle et privée), je vais y retourner inlassablement comme attiré par une force étrange, celle d’y mettre du sens, de poser des traces illusoires dans les limbes transparentes de l’espace numérique, espace fragile qui cesse d’exister dès que le courant s’éteind. Et pourtant, il m’a toujours paru comme important de poser aussi dans cet espace fragile et intangible, des morceaux de vie humaine ramenés de là-bas, ce monde analogique qui disparait, pour les déposer comme des coquillages qui seront polis, transportés, effacés, mais laisseront quelque temps quelque poésie dans un « à-venir » tout numérique. Vanité encore mais bon…

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