L’immolation par le feu est un acte considérable.
Je pense aussi à Dominique Faure, Ã Jan Palach, à ce moine bouddiste, etc.
Autant d’images, meme sans images, sans traces visuelles, qui marquent, car le feu reste un « élément » qui « dépasse », qui ne se pense pas.
Youtube encore. Non plus de l’archive mais du stockage, du hosting, pour une consommation instantanée.
Et pourtant, si ce qui se profile est bien la lecture/écriture de chacun, pour « une minute de célébrité », tout cela dans un dispositif de captation « pour la pub », pourtant, dans ce flux ininterrompu on voit des fragments de vie dans l’écran, des choses qui passent, qu’on voit une fois et qu’on ne reverra plus. Et cependant, tout cela se prend dans l’instant, se refuse à l’archive, se perdra, est « prévu » pour disparaitre.
Et quand bien même la chose est archivée, sa dissolution dans la masse ne lui permettra plus d’avoir quelque sens dans une exégèse future. The Wikipedia and the Death of Archaeology
Dans ce paradoxe, entre instant et archive, et au sein d’une masse d’information telle que la chose mémorisée, archivée, sera à la fois oubliée, il y a quelque chose de très étrange, de nouveau assurément, l’invention d’une nouvelle logique d’un support (vidéo + réseau + communication/publication massive) qui dit à la fois sa pérennité et son éphémère, qui rappelle finalement l’impossibilité du passé et du futur et la seule existence du présent, un présent qui émerge péniblement mais qui seul laisse passer encore « quelque chose ». La vie se déroule comme fiction, comme immense fiction, dont le tangible n’apparait que fugacement, dans l’instant, dans le noeud – présent – du récit, dans cette apparition/disparition fugace de l’anonyme, presque insignifiant, mais dont l’insignifiance devient soudain lourde de sens au sein de la trop grande saturation de « sens ».