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W est un hommage au genre cinématographique Western (le fameux « horse opera ») et également à l’un des plus grand philosophes du 20e siècle : Wittgenstein.
W est basé entièrement sur des plans, extraits de films du domaine public accessible sur le site archive.org, et représentant un individu, homme ou femme, chevauchant un cheval.
La légende veut que Wittgenstein, après d’harassants travaux philosophiques à Cambridge, aimait à se relaxer devant des Westerns, assis le plus souvent au premier rang.

Tout est partit d’une recherche sur les travellings, les travellings qui pensais-je étaient très répandus dans les Westerns. Je m’imaginais des images de canyons défilants, mais il n’y en a pas, car il n’y y a pas de train. Le travelling, c’est le train. En parcourant des films de Western téléchargés sur archive.org, ces films qui ont construit mon imaginaire de l’West que je ne connais pas, étant pourtant né dans l’Ouest, mais à Lorient… Dans ces films de Western, ce fut mon constat très vite, il n’y a que des hommes qui chevauchent dans la plaine, qui vont et viennent. Il y a un espace à explorer inlassablement, sans fin, rythmé par les sabots du cheval. Il n’y a dans les Westerns que des respirations de cette sorte, des longues séquences inutiles, absurdes, qui montrent des hommes qui rejoignent des points que l’on n’identifie pas vraiment. J’ai finalement décidé d’extraire ces moments-là, me rendant compte que leur juxtaposition était aisée, et que le mouvement créé se déroule de lui-même. On peut ainsi rester plusieurs minutes, à simplement laisser ce mouvement se dérouler, le mouvement qui a inventé le principe cinématographique, le mouvement du galop du cheval de Muybridge, qui permet de transporter l’homme, d’explorer le paysage. Alors aux extrémités de ce mouvement absurde et évident, ce vide évident, il y a bien sûr son adorateur Wittgenstein qui posent les bornes de la grammaire.

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