La route

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La route. P119

Il sortit dans la lumière grise et s’arrêta et il vit l’espace d’un bref instant l’absolue vérité du monde. Le froid tournoyant sans répit autour de la terre intestat. L’implacable obscurité. Les chiens aveugles du soleil dans leur course. L’accablant vide noir de l’univers. Et quelque part deux animaux traqués tremblant comme des renards dans leur refuge. Du temps en sursis et un monde en sursie et des yeux en sursie pour le pleurer.

La route. P167.

Des années plus tard il s’était retrouvé dans les ruines carbonisées d’une bibliothèque ou des livres noircis gisaient dans des flaques d’eau. Des étagères renversées. Une sorte de rage contre les mensonges alignés par milliers rangée après rangée. Il ramassa un livre et feuilleta les lourdes pages gonflées d’humidité. Il n’aurait pas cru que la valeur de la moindre petit chose pût dépendre d’un monde à venir. Ça le surprenait. Que l’espace que ces choses occupaient fût lui-même une attente. Il lâcha le livre et regarda une dernière fois autour de lui et sortit dans la froide lumière grise.

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