Disintegration loops

J’avais découvert cette vidéo et cette bande son il y a quelques années. En transférant des vieux travaux sonores à partir de bandes magnétiques, William Basinski se rendit compte qu’il était en train d’enregistrer la disparition de ses compositions : la bande ferro magnétique se déteriorait au fur et à mesure du transfert. Il décida alors d’enregistrer la totalité du processus de désagrégation de sa musique et d’en faire une nouvelle bande son : the disintegration loops.

Ce qui est encore plus troublant, c’est que durant l’été 2001, il était en train d’écouter l’enregistrement de ces nouvelles « bandes son » lorsqu’il aperçu une grande fumée noire au loin provenant de Manhattan : des avions venaient de s’écraser sur le World Trade Center. Il prit alors sa caméra vidéo et décida de filmer ce qu’il voyait par la fenêtre de son appartement : la fin d’un monde.

During the summer of 2001, Basinski set about transferring a series of 20-year-old tape loops he’d had in storage to a digital file format, and was startled when this act of preservation began to devour the tapes he was saving. As they played, flakes of magnetic material were scraped away by the reader head, wiping out portions of the music and changing the character and sound of the loops as they progressed, the recording process playing an inadvertent witness to the destruction of Basinski’s old music.

There is another, eerier chapter to the story of the Disintegration Loops– that Basinski was listening to the playbacks of his transfers as the attacks of September 11th unfolded, and that they became a sort of soundtrack to the horror that he and his friends witnessed from his rooftop in New York that day, a poignant theme for the cataclysmic editing of one of the world’s most recognizable skylines.

L’archéologie révisée par Google

Avec ironie et une confiance importante dans son propre « branding », Google est probablement la seule société au monde à s’autoriser de jouer avec son propre logo, jusqu’à probablement dérouter les utilisateurs peu ouvert aux changements.
Ce matin, le logo représentait un fossile, chose suffisamment surprenante pour m’inviter à cliquer sur le logo de sorte à ouvrir la page dans un nouvel onglet de mon navigateur firefox. Je fus alors surpris de lire dans le nouvel onglet, que je n’avais pas encore ouvert, le titre « missing link found », m’indiquant donc que Google avait visiblement fait une erreur puisqu’il était question de « lien manquant ». Un peu surpris de cette grossière erreur de lien HTML, j’ai finalement décidé de cliquer directement sur le logo dans la page courante (j’avais déjà fermé le second onglet), pour finalement tomber sur une page de recherche google utilisant la conjonction des mots « missing link found ». La compréhension de la situation n’a pas été immédiate, puisqu’il m’a fallu encore parcourir rapidement les titres et les ébauches d’explication, pour comprendre qu’il s’agissait d’une découverte d’un crane d’une espère « semi-humaine » qui constituerait un chainon (manquant?) entre l’espèce humaine et ses prédecesseurs.

L’actualité couverte m’importe peu, ce qui m’intéresse dans ce qui m’a semblé comme un dysfonctionnement, c’est la façon dont google a « joué » avec la confusion « missing link found » dans le rapport à la découverte archéologique, et le « missing link » et le « not found » de l’archéologie du web, celle des années 90 où beaucoup de requêtes web finissaient en cul de sac façon 404 not found. Au delà de cette petit anecdote, qui me parait absolument voulue de la part de Google même si personne ne l’a relevé, il y a la marque de l’archiveur et archéologue du web, qui profite d’un fait d’actualité plus ou moins anodin (au final car des découvertes il y en aura d’autres) pour rappeler dans l’interstice d’un petit jeu de mot, sa toute puissante de vie et de mort sur les « links ».

Man With a Movie Camera

http://dziga.perrybard.net/

Man With a Movie Camera: The Global Remake is a participatory video shot by people around the world who are invited to record images interpreting the original script of Vertov’s Man With A Movie Camera and upload them to this site. Software developed specifically for this project archives, sequences and streams the submissions as a film. Anyone can upload footage. When the work streams your contribution becomes part of a worldwide montage, in Vertov’s terms the “decoding of life as it is”.

On the Virtues of Preexisting Material: A Manifesto

1. Why add to the population of orphaned works?
2. Don’t presume that new work improves on old
3. Honor our ancestors by recycling their wisdom
4. The ideology of originality is arrogant and wasteful
5. Dregs are the sweetest drink
6. And leftovers were spared for a reason
7. Actors don’t get a fair shake the first time around, let’s give them another
8. The pleasure of recognition warms us on cold nights and cools us in hot summers
9. We approach the future by typically roundabout means
10. We hope the future is listening, and the past hopes we are too
11. What’s gone is irretrievable, but might also predict the future
12. Access to what’s already happened is cheaper than access to what’s happening now
13. Archives are justified by use
14. Make a quilt not an advertisement

Rick Prelinger / On the Virtues of Preexisting Material: A Manifesto

http://absentmag.org/?p=16
http://www.futureofthebook.org/blog/archives/2008/11/on_the_virtues_of_preexisting.html

APIculture

Une portion importante des oeuvres du netart actuel reposent sur une approche de génération dynamique reposant sur des sites « Web 2.0 ». Cette interaction et générativité est rendue possible par l’existence et la publication quasi systématique pour ces dits-sites d’interface de programmation ouverte appelée API (Application Programming Interface). Ce qui semble constituer au premier abord comme une véritable « ouverture », cette API ouverte et documentée, n’est en fait rien d’autre que la création d’une dépendance logicielle. L’objectif attendu est la création de zones de captations (http://www.andykessler.com/andy_kessler/2006/10/media_2uhoh_in_.html) qui pourront ultérieurement être valorisées et monétisées. L’utilisation de ces API dans le cadre de projets artistiques augmente évidemment la non pérennisation des oeuvres, sauf à sortir celle-ci du support de présentation que constitue le Web. Il faut certes construire sur du métastable, mais ce qui est construit doit pouvoir se poser, s’inscrire sur du stable. Il en va une fois de plus de la possibilité de l’archivage qui, même s’il contient lui-même le venin de la disparition et de l’oublie, implique le choix… et cela n’a rien à voir avec une notion d’auteur au sens fort, la notion d’auteur n’a plus de sens dans l’éclatement de matériaux. Il est simplement question de « manipuler des forces ». Le DJ est-il un auteur ? il assemble, choisi du matériau qui ensuite va se disséminer fortement dans l’amplification et la canalisation des Kilowatts de s haut-parleurs.

Desperately human

human

07.03.2007 12:30 : BLANC et SOLITUDE

Passé la nuit à manipuler les pensées des « autres », ou plutôt des uns. Les vies se réduisent à une simple phrase, une simple expression d’une solitude qui pourtant se détache sur un fond blanc. A me noyer ainsi dans un paysage exclusivement blanc, j’en viens peu à peu à me détacher de mon corps et n’être plus qu’un esprit qui cotoie d’autres esprits. Un dialogue. Dans ce vide complet, d’un silence aussi mortifère que l’espace flottant de Stanley Kubrick, je n’entends que des humains, des voix murmurantes mais furieusement vivantes.