Archive pour la catégorie ‘archive’

L’archéologie révisée par Google

Mercredi 20 mai 2009

Avec ironie et une confiance importante dans son propre « branding », Google est probablement la seule société au monde à s’autoriser de jouer avec son propre logo, jusqu’à probablement dérouter les utilisateurs peu ouvert aux changements.
Ce matin, le logo représentait un fossile, chose suffisamment surprenante pour m’inviter à cliquer sur le logo de sorte à ouvrir la page dans un nouvel onglet de mon navigateur firefox. Je fus alors surpris de lire dans le nouvel onglet, que je n’avais pas encore ouvert, le titre « missing link found », m’indiquant donc que Google avait visiblement fait une erreur puisqu’il était question de « lien manquant ». Un peu surpris de cette grossière erreur de lien HTML, j’ai finalement décidé de cliquer directement sur le logo dans la page courante (j’avais déjà fermé le second onglet), pour finalement tomber sur une page de recherche google utilisant la conjonction des mots « missing link found ». La compréhension de la situation n’a pas été immédiate, puisqu’il m’a fallu encore parcourir rapidement les titres et les ébauches d’explication, pour comprendre qu’il s’agissait d’une découverte d’un crane d’une espère « semi-humaine » qui constituerait un chainon (manquant?) entre l’espèce humaine et ses prédecesseurs.

L’actualité couverte m’importe peu, ce qui m’intéresse dans ce qui m’a semblé comme un dysfonctionnement, c’est la façon dont google a « joué » avec la confusion « missing link found » dans le rapport à la découverte archéologique, et le « missing link » et le « not found » de l’archéologie du web, celle des années 90 où beaucoup de requêtes web finissaient en cul de sac façon 404 not found. Au delà de cette petit anecdote, qui me parait absolument voulue de la part de Google même si personne ne l’a relevé, il y a la marque de l’archiveur et archéologue du web, qui profite d’un fait d’actualité plus ou moins anodin (au final car des découvertes il y en aura d’autres) pour rappeler dans l’interstice d’un petit jeu de mot, sa toute puissante de vie et de mort sur les « links ».

Man With a Movie Camera

Samedi 28 mars 2009

http://dziga.perrybard.net/

Man With a Movie Camera: The Global Remake is a participatory video shot by people around the world who are invited to record images interpreting the original script of Vertov’s Man With A Movie Camera and upload them to this site. Software developed specifically for this project archives, sequences and streams the submissions as a film. Anyone can upload footage. When the work streams your contribution becomes part of a worldwide montage, in Vertov’s terms the “decoding of life as it is”.

On the Virtues of Preexisting Material: A Manifesto

Mardi 25 novembre 2008

1. Why add to the population of orphaned works?
2. Don’t presume that new work improves on old
3. Honor our ancestors by recycling their wisdom
4. The ideology of originality is arrogant and wasteful
5. Dregs are the sweetest drink
6. And leftovers were spared for a reason
7. Actors don’t get a fair shake the first time around, let’s give them another
8. The pleasure of recognition warms us on cold nights and cools us in hot summers
9. We approach the future by typically roundabout means
10. We hope the future is listening, and the past hopes we are too
11. What’s gone is irretrievable, but might also predict the future
12. Access to what’s already happened is cheaper than access to what’s happening now
13. Archives are justified by use
14. Make a quilt not an advertisement

Rick Prelinger / On the Virtues of Preexisting Material: A Manifesto

http://absentmag.org/?p=16
http://www.futureofthebook.org/blog/archives/2008/11/on_the_virtues_of_preexisting.html

APIculture

Jeudi 17 janvier 2008

Une portion importante des oeuvres du netart actuel reposent sur une approche de génération dynamique reposant sur des sites « Web 2.0″. Cette interaction et générativité est rendue possible par l’existence et la publication quasi systématique pour ces dits-sites d’interface de programmation ouverte appelée API (Application Programming Interface). Ce qui semble constituer au premier abord comme une véritable « ouverture », cette API ouverte et documentée, n’est en fait rien d’autre que la création d’une dépendance logicielle. L’objectif attendu est la création de zones de captations (http://www.andykessler.com/andy_kessler/2006/10/media_2uhoh_in_.html) qui pourront ultérieurement être valorisées et monétisées. L’utilisation de ces API dans le cadre de projets artistiques augmente évidemment la non pérennisation des oeuvres, sauf à sortir celle-ci du support de présentation que constitue le Web. Il faut certes construire sur du métastable, mais ce qui est construit doit pouvoir se poser, s’inscrire sur du stable. Il en va une fois de plus de la possibilité de l’archivage qui, même s’il contient lui-même le venin de la disparition et de l’oublie, implique le choix… et cela n’a rien à voir avec une notion d’auteur au sens fort, la notion d’auteur n’a plus de sens dans l’éclatement de matériaux. Il est simplement question de « manipuler des forces ». Le DJ est-il un auteur ? il assemble, choisi du matériau qui ensuite va se disséminer fortement dans l’amplification et la canalisation des Kilowatts de s haut-parleurs.

L’avenir des livres

Lundi 3 décembre 2007

lost ark

http://bldgblog.blogspot.com/2007/12/future-warehouse-of-unwanted-books.html

(via r-echos)

Desperately human

Mercredi 7 mars 2007

human

07.03.2007 12:30 : BLANC et SOLITUDE

Passé la nuit à manipuler les pensées des « autres », ou plutôt des uns. Les vies se réduisent à une simple phrase, une simple expression d’une solitude qui pourtant se détache sur un fond blanc. A me noyer ainsi dans un paysage exclusivement blanc, j’en viens peu à peu à me détacher de mon corps et n’être plus qu’un esprit qui cotoie d’autres esprits. Un dialogue. Dans ce vide complet, d’un silence aussi mortifère que l’espace flottant de Stanley Kubrick, je n’entends que des humains, des voix murmurantes mais furieusement vivantes.

Collateral

Mercredi 10 janvier 2007

collateral

http://jcbourcart.com/pages.php?page=collateral&media=photography

Pendant l’été 2005, j’ai passé mes vacance dans l’état de New York à projeter des images des irakiens blessés ou tués sur les maisons, les églises, les supermarchés.

Il s’agit moins de dénoncer que de confronter deux réalités quasi simultanées: une guerre au loin, sans merci, chaotique, dont nous avons des échos tronqués, filtrés et un pays/décors où tout est paisible, propre, ordonné, surveillé.

Les photographies projetées proviennent du Net. La plupart ont été postées par les soldats américains avec des légendes “humoristiques?; une jambe coupée aura pour titre “ Where is the rest of my shit??, une tête arrachée, « Needs a hair cut».

Nous retrouvons là le même genre de situations que pour les photos d’Abou Graïb. Il est interdit aux soldats de photographier, pourtant ils le font, puis ils diffusent les images illicites. Quelles sont les motivations derrière de tels agissements ? Ce sont peut être des lapsus visuels : Des images refoulées d’évènements traumatiques qui ressortent inopinément.

Les autres photographies, principalement celles d’enfants blessés ont été récupérées sur des sites dénonçant l’engagement américain. Il y a aussi des
photographies de personnes tuées par les extrémistes musulmans faites par les Américains pour archivage.

Les projections sur les maisons sont comme des stigmas qui hantent, qui choquent, qui renvoient à ce qu’on sait mais qu’on préférerait oublier, qui, par leur incroyable violence, nous rappellent la vraie nature de la folie de la guerre toujours recommencée, toujours le plus haut degré de l’épouvante.

Composting the Archives: The Case for Digital Decay

Vendredi 29 décembre 2006

Collections

Samedi 1 avril 2006

collections

Collections est un montage de séquences extraites de 16 films du domaine public disponibles sur le site archive.org. C’est sur ce même site Web qu’ont été extraits les deux morceaux musicaux principaux présents dans ce film, et diffusés sous une licence Creative Commons.

L’émergence actuelle d’importantes banques d’images fixes et animées et de sons, accessibles au plus grand nombre et réutilisables, permet la réappropriation par chacun de pans entiers d’éléments de la mémoire collective. Les formes que prennent les créations qui s’en extraient (remix, mashups, réécritures) ne sont jamais neutres : elles correspondent en premier lieu à une action d’écriture successive à une extraction effectuée par l’individu créateur. Cette extraction renvoie toujours à une collection intime opéré par un individu. En effet, plus la masse des contenus de ces archives croit, plus l’élément extrait est infime et isolé au sein de cette masse. Cela signifie notamment que la force d’une création, repose dans la force de la projection de celle-ci, qui est totalement lié aussi au mode d’extraction du matériau de départ et à ce matériau lui-même. Collections n’a été rendu possible qu’à partir de l’accumulation d’un nombre conséquent de plans (environ 200) découpé dans un ensemble d’environ 50 films téléchargés.
Conditionné par une grammaire cinématographique des plans et motifs visuels (le matériau présent sur le site archive.org est très territorialisé), le remix s’extrait néanmoins partiellement de son conditionnement par la possible dimension obsessionnelle, non raisonnée, mais néanmoins cohérente de l’extraction des éléments le constituant. Dans le même sens, Chris Marker rappelait, en introduction au CDROM Immemory, l’importance de cette extraction, et ce qu’elle dit sans le laisser percevoir :

« [...] toute mémoire un peu longue est plus structurée qu’il ne semble. Que des photos prises apparemment par hasard, des cartes postales choisies selon l’humeur du moment, à partir d’une certaine quantité commencent à dessiner un itinéraire, à cartographier le pays imaginaire qui s’étend au dedans de nous. En le parcourant systématiquement, j’étais sûr de découvrir que l’apparent désordre de mon imagerie cachait un plan, comme dans les histoires de pirates « 

Collection est une expérimentation de la possibilité d’explorer cette terra incognita qu’est la mémoire.

Les sources suivantes ont été sollicitées :

– video –

SafeRoad1935
Phantom of Chinatown
Killers from space
Carnival of Souls
AtomAgeVampire
Scarlet Street
DeathtoW1947
The Man Who Knew Too Much 1934
Daughter of horror
Nightmare Castle
Beat the devil
Passenger 1955
D.O.A. 1949
Isle of Destiny
Heavenly1920

– musique –

Edwin Morris / The heart bowed down
Radio Astronomy

– sons –

Chris Marker / La Jetée
David Lynch / Mulholland Drive

Internet et le temps

Mercredi 8 mars 2006

En effectuant récemment des recherches sur quelques amis perdus de vue depuis plus ou moins longtemps, j’ai eu la surprise de découvrir l’image d’un ancien ami d’un temps antérieur à la période où je l’ai connu. C’est comme si google m’avait permis de parcourir le temps dans le passé. Lorsque j’ai découvert la wayback machine, l’année dernière seulement, j’ai eu la surprise de voir des vieux sites oubliés réactivés à mon souvenir. Tout d’un coup, il apparaissait qu’internet, le réseau, coeur de l’instantanéité de nos jours, était aussi un lieu de souvenir, ou du moins devait le devenir. Il est vrai que l’on conçoit des sites webs tous les jours, mais jamais avec l’idée que leur durée a un sens. Hors, ils ne doivent pas être seulement vus pour leur fonction (de communication le plus souvent), mais représentent aussi une inscription dans le temps. La question du nom de domaine qui permet de positionner un site dans le cyberespace est un problème : un nom de domaine a une durée de vie limitée. Les noms de domaine vivent et meurent et avec eux aussi les traces (le site) dans le temps. La question du nom de domaine est donc un véritable problème. Faire durer un nom de domaine, c’est payer indéfiniment pour celui-ci.
disruption.org
La wayback machine m’a permis par exemple de redécouvrir la forme qu’avait le premier site que j’avais construit, un site très minimal qui ne contenait que quelques pages, mélange chaotique de fragments de code du noyau linux et d’assertions du tractus logico-philosophicus. Ce site s’appelait disruption.org, ce qui en reste sur la wayback machine est des plus minimal encore, mais ce contour des images est quelque chose qui m’évoque quelque souvenir. J’avais dû à l’époque m’inspirer du site de raster-noton.

Ce mot disruption me tenait beaucoup à coeur et m’est toujours important et pourtant, je n’ai pas poursuivi la concession de ce lieu. Il est singulier que personne n’a depuis 5 ans racheté ce nom.

Pour en revenir à cette notion de temps d’internet, on constate aussi que les blogs, site de l’instantané par excellence sont aussi à la fois des sites de la sédimentation dans le temps. Un blog rend compte d’une instantanéité dans la prise de notes, mais se décline dans un temps le plus souvent représenté par le calendrier lui-même. Il est de plus en plus fréquent de voir des personnes architecturer des sites web autour d’un mécanisme de blog et d’antidater des informations pour recréer à la fois le déroulement séquentiel des infos du blog, et proposer le mode « actualité » et à la fois le mode « archive ». Voilà un élément important : le blog propose sur le même plan le présent et l’archive.

C’est la sédimentation qui fait le temps d’internet. Et le nouveau écrase l’ancien. Pour que le palimpseste ne fasse pas disparaitre les traces de l’origine, il faut essayer de conserver : imprimer, stocker sur divers supports… penser la question de la sauvegarde de cette forme mouvante qui semble ne se nourrir que de d’instantanéité et de nouveauté.

Dans cette optique, voir :

http://www.firsttenyears.de/ : travaux d’étudiants de la Merz Akademie.
http://art.teleportacia.org/observation/vernacular/ : formes redondantes du web des « débuts ».
http://art.teleportacia.org/observation/vernacular/frame/
: des tableaux renvoyants à l’esthétique FRAME HTML.
http://www.designtimeline.org/ : 10 ans de design Web.
http://www.leegte.org/ : transposition dans le monde « physique » d’une esthétique des encadrements HTML (broken image, input type, frameset).
http://www.digitalmediatree.com/tommoody/?31705 : sauvegarde en tableau d’une intervention des « déconstructeurs » de screenfull.net.