
Archive pour la catégorie ‘cinema’
Das Kind
Mercredi 3 janvier 2007Lignes de temps
Jeudi 7 décembre 2006
Plutôt théoricien, en témoigne sa production importante d’ouvrages philosophiques, Bernard Stiegler a depuis peu lancé l’Institut de Recherche et d’Innovation au Centre Pompidou. Le logiciel « Lignes de temps » présenté sur le site de cet institut se propose de « démocratiser » auprès du grand public la possibilité d’annoter des films. Même si l’idée est louable, et qu’une capture d’écran est bien visible sur ce site, on attend avec impatience le fait de pouvoir tester cet outil qui semble différer assez peu des travaux du studio multisupport qu’il avait plus ou moins dirigé à l’INA, ainsi que d’autres outils tels que le IBM annotation engine dont je parle ailleurs dans ce blog. Au final, que va apporter cet outil? Quel est l’enjeu de l’annotation? Il faut à présent et d’ores et déjà des outils EN LIGNE et non pas des applications « standalone » qui n’apporteront rien. Il faut que les annotations se croisent entre utilisateurs, que se créent des communautés de sens, à l’image des usages autour des tags sur flickr ou sur youtube (avec moins d’acuité). Les notions de « cluster » sur flickr sont par exemple très intéressant. Et à quoi cela sert-il d’annoter un film? Cela sert à proposer une autre lecture de ce film, cela veut donc dire qu’il faut prévoir en premier lieu des approches de lecture/diffusion de film qui intègrent la possibilité d’indexer les films, de conserver des moments pour soi. Et cela veut donc aussi dire que ces outils d’indexation doivent même à terme s’intégrer dans l’approche de consommation de masse des médias, donc dans une approche de haut en bas et non pas l’inverse. C’est la raison pour laquelle, je suis à la fois curieux de voir/savoir ce que cela va donner (mais pourquoi ce logiciel ne peut-il pas déjà être téléchargeable?), mais circonspect sur le résultat dont le résultat risque peut-être d’être trop confidentiel. Nous verrons, l’effet d’annonce s’apparente à celui d’un site web2.0.
Voir aussi, dans le même registre : dialogues, essai d’annotation au MAC/VAL.
W
Mardi 5 décembre 2006
W est un hommage au genre cinématographique Western (le fameux « horse opera ») et également à l’un des plus grand philosophes du 20e siècle : Wittgenstein.
W est basé entièrement sur des plans, extraits de films du domaine public accessible sur le site archive.org, et représentant un individu, homme ou femme, chevauchant un cheval.
La légende veut que Wittgenstein, après d’harassants travaux philosophiques à Cambridge, aimait à se relaxer devant des Westerns, assis le plus souvent au premier rang.
Tout est partit d’une recherche sur les travellings, les travellings qui pensais-je étaient très répandus dans les Westerns. Je m’imaginais des images de canyons défilants, mais il n’y en a pas, car il n’y y a pas de train. Le travelling, c’est le train. En parcourant des films de Western téléchargés sur archive.org, ces films qui ont construit mon imaginaire de l’West que je ne connais pas, étant pourtant né dans l’Ouest, mais à Lorient… Dans ces films de Western, ce fut mon constat très vite, il n’y a que des hommes qui chevauchent dans la plaine, qui vont et viennent. Il y a un espace à explorer inlassablement, sans fin, rythmé par les sabots du cheval. Il n’y a dans les Westerns que des respirations de cette sorte, des longues séquences inutiles, absurdes, qui montrent des hommes qui rejoignent des points que l’on n’identifie pas vraiment. J’ai finalement décidé d’extraire ces moments-là, me rendant compte que leur juxtaposition était aisée, et que le mouvement créé se déroule de lui-même. On peut ainsi rester plusieurs minutes, à simplement laisser ce mouvement se dérouler, le mouvement qui a inventé le principe cinématographique, le mouvement du galop du cheval de Muybridge, qui permet de transporter l’homme, d’explorer le paysage. Alors aux extrémités de ce mouvement absurde et évident, ce vide évident, il y a bien sûr son adorateur Wittgenstein qui posent les bornes de la grammaire.
Shots that changed my life (9)
Dimanche 10 septembre 2006
THX1138, 1971 , Georges Lucas
Shots that changed my life (8)
Vendredi 8 septembre 2006
Brainstorm, 1983, Douglas Trumbull
Shots that changed my life (7)
Mercredi 6 septembre 2006
Blade Runner, 1982, Ridley Scott
Shots that changed my life (6)
Jeudi 31 août 2006
Cinema Paradiso, 1989, Giuseppe Tornatore
Du monde et du mouvement des images
Mercredi 30 août 2006Au fond, ce que je comprends d’un film se dispose par segments ou par traits, comme un alphabet morse. C’est par montage de tel segments que je recompose un film et, peut-être, pas tout à fait à mon gré. Je pose ceci : ces traits, ces segments ne sont pas exactement faits d’images ou de signes de certification du réel ; ce sont des points de contact entre des univers de courbures différentes. Les courbures délimitent des espaces et des temps.
La coexistence de ces univers, du mien ou des miens (mais ces derniers n’ont pas de figure, ils font hémorragie, ils attendent simplement des formes, de la pensée, des modulations) et des mondes de fiction, est impossible dans la préservation de leur totalité : ils ont entre eux des points de contacts discontinus. De ces mondes de fiction, j’arrache ou prélève à la fois des traits (des bouts de choses) et des épaisseurs, des hypothèses de sens, des probabilités de signification que je veux un instant contenir, dans lesquels je peux mettre quelque chose en dérivation : une quantité momentanée de plaisir ou d’irresponsabilité qui anime, habille, fait parler des illusions de ressemblance (ressemblances d’hommes, de choses, d’histoires).
Je teste donc quelque chose comme des points de fusion de ma malléabilité à la fiction.
Du monde et du mouvement des images, 1997, Jean Louis Schefer
Shots that changed my life (5)
Mercredi 30 août 2006
Voyage au bout de l’enfer, 1978, Michael Cimino
Shots that changed my life (4)
Lundi 28 août 2006
Videodrome, 1983, David Cronenberg