blog est mort, vive blog

Le dernier article de ce blog date du 3 janvier 2011, soit donc approximativement 3 ans.
Les premiers articles de ce blog datent de l’année 2004, soit donc 10 ans.

Ces deux durées indiquent que ce blog est mort d’une certaine façon, bien qu’il reste présent en tant qu’archive.

En 2006 je me souviens d’un échange avec Grégory Chatonsky au sujet de la fin des blogs (http://chatonsky.net/fragments/la-fin-des-blogs/), et il faut bien reconnaitre que son article était tout à fait prémonitoire.

Je pense que les multiples outils de capture 2.0, comme twitter notamment, sont venus occuper un espace trop grand d’attention et ont mené à cette désertion du lieu du blog qui demandait finalement un engagement bien plus important. Le nouveau périphérique de capture (de nos temps et nos attentions) qu’est le smartphone apparu sous une forme nouvelle en 2007 (une forme d’interaction plus efficace) est le second grand responsable de cette désaffection du temps long au profit du temps court.

Pour autant, l’émergence de ces outils de disruptions courtes de notre attention (quand bien même s’agit-il d’une attention « pseudo »-créatrice qui reviendrait à re-tweeter ou faire un commentaire court de 140 caractères) induit aussi le retour de plate-formes journalistiques qui font la part belle au contenu des articles. La plateforme medium (http://www.medium.com) fondée par le fondateur même de twitter semble proposer un modèle de plateformes de diffusion plus orienté vers un retour de l’article long. Il est assez intéressant de constater que la plateforme medium elle-même indique en amont de chaque article la durée précalculée de lecture l’article.

Au sein de cette désaffection généralisée, et en ces périodes où les « éditorialistes » rivalisent de nullité et de flagornerie à l’égard de tous les pouvoirs, des auteurs persistent à entretenir des « journaux de bords » d’une incroyable rigueur et érudition. Je pense notamment à ce blog de Jean-Noël Lafargue, qui justement se nomme « Le dernier des blogs« .

L’ipad et le réajustement du paradigme informatique

A l’issue de l’annonce du dernier produit de la société Apple, j’ai été surpris par son accueil, pour le moins reservé, par d’une part, la grande majorité des internautes, et d’autre part par la presse informatique. Globalement cet outil n’était qu’un lecteur multimédia tactile, juste plus grand que les pionniers iPod touch et iPhone.

De mon point vue, au contraire, l’arrivée de l’ipad marque une date dans l’histoire de l’informatique, ou plutôt un embranchement de sortie d’une histoire qui ne devait pas avoir lieu. L’ipad marque la redéfinition du paradigme informatique. Et c’est pour cette raison précise que ce produit a été si mal compris : Steve jobs invente le paradigme de l’informatique en 1984 en introduisant l’ordinateur domestique, puis 26 ans plus tard il défait ce paradigme, hérité de l’histoire de l’informatique, et tout le monde est soudain perdu.

Depuis des années, m’entretenant avec des proches moins au fait de l’informatique que moi, je ne cesse de leur dire que leur difficulté face a l’ordinateur est liée au fait que l’ordinateur est un outil qui, en la forme qui leur est présentée, et est a présent plus ou moins admise par les millions d’utilisateurs d’ordinateur, est « barbare ». Cet instrument est barbare, et en ce sens « étranger », par le fait qu’il constitue un outil spécifique a une population donnée (les informaticiens) qui s’est imposé a une majorité « en l’état » : impliquant une posture assise de dactylo, muni d’un clavier et d’un périphérique de visualisation.

On doit apprendre la logique de cette machine, accepter ses erreurs (tiens, tiens), intérioriser sa logique de fonctionnement. Le fait est que l’ordinateur a été fait par des informaticiens pour des informaticiens. Des centres de calcul des chercheurs, il a ensuite rejoint le bureau de l’operatrice. Son apparition ensuite, beaucoup plus tard sur le bureau de l’exécutif, est en soi même une étrangeté : comment comprendre le fait qu’un raccourci puisse exister entre la fonction de l’executante de saisie et du donneur d’ordre ? Comme dans Métropolis, ce dernier a besoin de visualiser les tableaux de bord en tant réel : l’outil d’écriture et de lecture est alors un seul et même outil.

La fusion structurelle de l’appareil a compiler et de l’appareil à exécuter a fait que dans les débuts de l’informatique domestique, il fallait le plus souvent saisir soi-même les programmes au clavier avant de les exécuter. C’est la raison pour laquelle toute une génération d’informaticien s’est formée toute seule, de manière autodidacte, car bien souvent avant d’utiliser un programme, il fallait le « faire fonctionner ». C’est cet état de fait, très positif d’une part ( toute une génération formée au « learning by doing ») et très négatif d’autre part (des outils qui ne souvent pas pensés pour les utilisateurs finaux qui sont non informaticiens) qui a mené a des commentaires lus sur des blogs du type de : »[parlant de l’ipad] il est hors de question que je mette entre les mains de mon enfant, un ordinateur qu’il ne pourra pas programmer ».

Le fait est que l’ipad n’est pas un ordinateur, même s’il dispose de capacité de traitement informatique. Les utilisateurs habitués au paradigme de l’ordinateur individuel ont face a eux un outil qu’ils ne comprennent pas, car leur repères sont inopérants. Ils ont oublié que le vieux macintosh de 1984 a traversé les âges, et est encore probablement utilisé encore parce que son écran est au format vertical : pourquoi donc personne n’a jamais mis en cause cet ordre établi qui impliquait de disposer d’un format d’écran horizontal ?

La masse des commentaires sur le web indiquent bien que l’ipad induit un réajustement du paradigme informatique, que les repères traditionnels reposant sur la nature et les performances des composants matériels, la surenchère de l’équipement pour des usages souvent anecdotiques ou inexistants, ne trouvent pas à s’appliquer à l’ipad. En effet, l’objectif n’est pas ici l’outil, mais la fonction, et le plus souvent une seule fonction, une seule tâche à la fois. Il est vrai qu’à part leatherman et victorinox, les outils multifonctions n’existent que de manière anecdotique sur les catalogues cheap des discounter technologiques. Lorsque je visse une vis, j’utilise une visseuse, et lorsque je pointe une pointe, j’utilise un marteau. Il faudra apprendre à remettre l’ordinateur au rebus et considérer ce qu’il a été : une étrangeté.

The graveyard

http://tale-of-tales.com/TheGraveyard/index.html

The Graveyard

The Graveyard is a very short computer game designed by Auriea Harvey and Michaël Samyn. You play an old lady who visits a graveyard. You walk around, sit on a bench and listen to a song. It’s more like an explorable painting than an actual game. An experiment with realtime poetry, with storytelling without words.