Archive pour la catégorie ‘Non classé’

L’ipad et le réajustement du paradigme informatique

Mercredi 31 mars 2010

A l’issue de l’annonce du dernier produit de la société Apple, j’ai été surpris par son accueil, pour le moins reservé, par d’une part, la grande majorité des internautes, et d’autre part par la presse informatique. Globalement cet outil n’était qu’un lecteur multimédia tactile, juste plus grand que les pionniers iPod touch et iPhone.

De mon point vue, au contraire, l’arrivée de l’ipad marque une date dans l’histoire de l’informatique, ou plutôt un embranchement de sortie d’une histoire qui ne devait pas avoir lieu. L’ipad marque la redéfinition du paradigme informatique. Et c’est pour cette raison précise que ce produit a été si mal compris : Steve jobs invente le paradigme de l’informatique en 1984 en introduisant l’ordinateur domestique, puis 26 ans plus tard il défait ce paradigme, hérité de l’histoire de l’informatique, et tout le monde est soudain perdu.

Depuis des années, m’entretenant avec des proches moins au fait de l’informatique que moi, je ne cesse de leur dire que leur difficulté face a l’ordinateur est liée au fait que l’ordinateur est un outil qui, en la forme qui leur est présentée, et est a présent plus ou moins admise par les millions d’utilisateurs d’ordinateur, est « barbare ». Cet instrument est barbare, et en ce sens « étranger », par le fait qu’il constitue un outil spécifique a une population donnée (les informaticiens) qui s’est imposé a une majorité « en l’état » : impliquant une posture assise de dactylo, muni d’un clavier et d’un périphérique de visualisation.

On doit apprendre la logique de cette machine, accepter ses erreurs (tiens, tiens), intérioriser sa logique de fonctionnement. Le fait est que l’ordinateur a été fait par des informaticiens pour des informaticiens. Des centres de calcul des chercheurs, il a ensuite rejoint le bureau de l’operatrice. Son apparition ensuite, beaucoup plus tard sur le bureau de l’exécutif, est en soi même une étrangeté : comment comprendre le fait qu’un raccourci puisse exister entre la fonction de l’executante de saisie et du donneur d’ordre ? Comme dans Métropolis, ce dernier a besoin de visualiser les tableaux de bord en tant réel : l’outil d’écriture et de lecture est alors un seul et même outil.

La fusion structurelle de l’appareil a compiler et de l’appareil a exécuter a fait que dans les débuts de l’informatique domestique, il fallait le plus souvent saisir soi-même les programmes au clavier avant de les exécuter. C’est la raison pour laquelle toute une génération d’informaticien s’est formée toute seule, de manière autodidacte, car bien souvent avant d’utiliser un programme, il fallait le « faire fonctionner ». C’est cet état de fait, très positif d’une part ( toute une génération formée au « learning by doing ») et très négatif d’autre part (des outils qui ne souvent pas pensés pour les utilisateurs finaux qui sont non informaticiens) qui a mené a des commentaires lus sur des blogs du type de : »[parlant de l'ipad] il est hors de question que je mette entre les mains de mon enfant, un ordinateur qu’il ne pourra pas programmer ».

Le fait est que l’ipad n’est pas un ordinateur, même s’il dispose de capacité de traitement informatique. Les utilisateurs habitués au paradigme de l’ordinateur individuel ont face a eux un outil qu’ils ne comprennent pas, car leur repères sont inopérants. Ils ont oublié que le vieux macintosh de 1984 a traversé les âges, et est encore probablement utilisé encore parce que son écran est au format vertical : pourquoi donc personne n’a jamais mis en cause cet ordre établi qui impliquait de disposer d’un format d’écran horizontal ?

La masse des commentaires sur le web indiquent bien que l’ipad induit un réajustement du paradigme informatique, que les repères traditionnels reposant sur la nature et les performances des composants matériels, la surenchère de l’équipement pour des usages souvent anecdotiques ou inexistants, ne trouvent pas à s’appliquer à l’ipad. En effet, l’objectif n’est pas ici l’outil, mais la fonction, et le plus souvent une seule fonction, une seule tâche à la fois. Il est vrai qu’à part leatherman et victorinox, les outils multifonctions n’existent que de manière anecdotique sur les catalogues cheap des discounter technologiques. Lorsque je visse une vis, j’utilise une visseuse, et lorsque je pointe une pointe, j’utilise un marteau. Il faudra apprendre à remettre l’ordinateur au rebus et considérer ce qu’il a été : une étrangeté.

Electronics in the World of Tomorrow

Vendredi 27 novembre 2009


Erkki Kurenniemi – Electronics in the World of Tomorrow (1968)

yooouuutuuube

Mercredi 13 mai 2009

http://www.yooouuutuuube.com/

A Bag of Water

Lundi 27 avril 2009

# Paulo Raposo: A Bag of Water (in VVAA Mus*****c)

Paulo Raposo: A Bag of Water

Analog

Mardi 13 janvier 2009

Pan Sonic + Carl Michael von Hausswolff + Erkki Kurenniemi -- live @ Kiasma theatre, Helsinki, Finland 21-10-2002.
Pan Sonic + Carl Michael von Hausswolff + Erkki Kurenniemi — live @ Kiasma theatre, Helsinki, Finland 21-10-2002.

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The graveyard

Mercredi 2 avril 2008

http://tale-of-tales.com/TheGraveyard/index.html

The Graveyard

The Graveyard is a very short computer game designed by Auriea Harvey and Michaël Samyn. You play an old lady who visits a graveyard. You walk around, sit on a bench and listen to a song. It’s more like an explorable painting than an actual game. An experiment with realtime poetry, with storytelling without words.

L’immersion PicLens

Lundi 25 février 2008

http://www.piclens.com/site/firefox/win/

Découvert ce jour une extension firefox incroyable : un outil de slideshow qui repose sur une vue RSS des sites Web 2.0 (comme flickr par exemple) et propose une navigation des images en « profondeur », avec une fluidité d’affichage assez incroyable. Tester la chose sur une page flickr est étrange, on a l’impression d’avoir à faire à quelque chose de nouveau, assurément nouveau, de nouveau l’exploration de quelque chose qui donne une impression d’espace.

piclens

La page blanche

Jeudi 29 novembre 2007

La page blanche.
C’est une respiration.
Elle est déjà remplie.
Elle est remplie de ce que je n’y ai pas mis.
De ce que j’aurais pu dans le passé y mettre et de ce que j’y mettrai peut-être.
Mais aussi et surtout
je la pose de ne rien y poser,
je pose la possibilité de ne rien y mettre.

Larsen

Jeudi 20 septembre 2007

la jetée

Je suis debout sur le seuil de la porte de la chambre d’Elias et je le regarde. Je regarde une scène avec un enfant occupé à jouer. Il est plus là que moi, car il est là sans le savoir. A moins que ce ne soit moi qui ne soit trop là et lui qui est « dans la vie », dans le flux infini de ce moment de sa vie.
En le regardant, je me vois soudain et je vois aussi mon père, je suis l’enfant dans la scène et je suis mon propre père. Et alors, je comprends tout à fait la Jetée, je comprends que l’image de la Jetée contient tout le temps, l’intégralité du temps et surtout l’abolition du temps. Un miroir infini.

Un concept

Mardi 7 août 2007

Je suis allé à Natzweiler. On m’avait dit que tout était reconstitué, mais je ne connaissais personne qui « y » était allé, personne ne m’avait fait de récit. J’avais bien vu des brochures, je savais qu’il y avait un tourisme du souvenir, mais jamais je ne m’étais décidé à y aller, parce que je pensais qu’ »il n »y avait rien à voir ». Pourquoi donc ce colportage sur la reconstitution alors que tout est presque « d’époque » ? Etrange force du lieu et du « concept ».

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J’aime beaucoup ce que « disent » les « réseaux » de livre que l’on lit, les embranchements qui se créent dans nos lectures, comme à notre insu. Qu’est ce qui fait qu’à un moment on lise tel ou tel livre, ou tel autre ? Qu’est ce qui fait que tout d’un coup un ensemble de livres lus « convergent » comme mus par une pression inconsciente. Pour mémoire, je me souviens avoir dévoré Alfred Kubin, Gustav Meyrinck, Ernst Junger et Bruno Schultz au même moment, et je me suis rendu compte plus tard qu’un lien évident liait ces personnages. Fascinant.

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Christophe m’avait donc tendu « Traité de savoir survivre par temps obscur » de Philippe Val. Je ne savais pas trop quoi attendre du journaliste. Et voilà que celui-ci déroule une dialectique de l’espèce, de la pression et « poussée » de l’espèce. Il développe la théorie selon laquelle l’avènement de l’espèce humaine (je dis bien espèce et non pas civilisation) est la figure du camp, de l’internement.

Je suis allé à Natzweiler et j’ai conservé tout le temps mes mains dans le dos. Quelle posture donc ces mains voulaient-elles bien inventer dans ce lieu moderne, contemporain ou même presque « futuriste ». Le camp de Natzweiller s’embrasse totalement du regard. Les plans de son tracé dessinent une forme géométrique et mathématique abstraites : nous sommes dans l’univers de la formalisation, de l’abstraction, des statistiques, de la modélisation, des statistiques. Les casernes ont disparues mais les emplacement laissées vides les montrent tout aussi bien. Ce qui marque c’est une perfection du tracé, je dis perfection parce tout ici est rationalisé. On voit bien que rien est laissé au hasard. Parcourant plus tard le parcours professionnel des SS, je pense à un plan de carrière d’un cadre supérieur contemporain. Lorsque la guide raconte que des projecteurs éclairent toute la nuit le camp, je pense alors à la télévision qui éclaire nos jours et nos nuits. Quand j’entends la « caractérisation » de ce camp : un camp d’extermination par le travail, je pense au slogan politique contemporain qui a fait élire notre actuel président. Je me dis que tout ici est furieusement contemporain, que c’est un concept parce que tout cela me fait penser à une préfiguration, à « ce qui arrive ».

J’ai mon appareil photographique avec moi mais je ne sais pas quelle image je peux « inventer » de ce lieu. Je reste pourtant marqué par ce détail, ces quatres éléments métalliques incurvés en forme de crochet qui servirent aux pendaisons expéditives.

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Sortant du musée du camp, je pense à cet(te) artiste du net qui reste pour moi l’une des références importantes du net art, Netochka Nezvanova, NN, Nacht und Nebel, et je pense aussi à Grégory, à des obsessions qui traversent son travail et surtout je pense au titre du travail que nous faisons ensemble : « Le registre« , comme tous ces registres fascinant de rationalisation qui parcourent inlassablement le musée. Il faut que je finisse ce travail, que je finalise le code permettant de générer les infos de twitter pour faire sortir aussi ces personnes du camp dans lequel ils s’internent. Mais en ce moment, je manque un peu d’énergie. Je viens de faire la rencontre d’une petite Milena qui m’intime d’inventer d’autres couleurs à appliquer sur le monochrome des cendres et c’est un vrai devoir que d’inventer la couleur.

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