Archive pour la catégorie ‘reflexion’

Périphériques

Vendredi 8 décembre 2006

Level5

Au début du film « Level Five » de Chris Marker, la caméra « flotte » sans se fixer et suit l’activité d’une main faisant glisser une souris. On ne voit que la main et la souris qui bouge, mais cette action semble comme déconnectée de son objet, vraisemblablement le déplacement d’un « pointeur » sur un écran. On oublie finalement que nos interactions avec l’ordinateur, machine rudimentaire dotée de mémoire, de stockage et de capacité de calcul (CPU), passe par les périphériques, et notamment l’écran et la souris avec lesquels nous sommes en inter-action (action / retour visuel / réaction /etc.).

9 to 5 paintings

Grâce au petit hack permettant de fabriquer une souris dont l’action peut-être enregistrée sur deux ordinateurs à la fois, il est possible de tracer dans un logiciel de dessin sur ordinateur, le tracé effectuée par la souris sur l’écran pendant une journée complète de travail, ou alors lors de l’utilisation d’un logiciel. On peut alors par ce biais avoir une autre représentation de notre interaction avec l’outil informatique.

tracé GPS

Ce travail ressemble finalement aussi à ces tracés obtenus à partir des coordonnées de parcours constitués par les errances effectuées dans des environnements urbains par des personnes munies de récepteurs GPS.

Autant de traces invisibles jusqu’ici qui peuvent à présent se matérialiser et s’offrir à de nouvelles lectures.

Incident

Jeudi 7 décembre 2006

Je parcours la ville à une vitesse modérée, sur mon vélo, me laissant néanmoins le temps de voir des visages, de reconnaitre des images qui sont des visages. Et tout d’un coup, sur un visage, je ne regarde plus que l’oeil, ou plutôt l’absence d’oeil caché derrière une paupière fermée comme cousue. Ayant dépassé la personne, je me rends compte qu’à partir du moment où j’ai commencé à me focaliser sur cette paupière, je n’ai cessé de la regarder, ne voyant plus que cela. Ce qui me retient donc, c’est cet incident, cette disruption soudaine dans mon habitude de projection de ma mémoire sur le flux des informations visuelles qui m’arrivent sur la rétine. Tout d’un coup ma mémoire ne reconnais plus, ne sait plus se projeter, et cessant de laisser passer le flux qui est aussi ma mémoire, je m’arrête et fixe sur ce détail qui tout d’un coup est devenu le tout.
La même chose encore se passait chez un autre ami dont l’oeil figé attirait immanquablement mon regard, ce qui bien entendu me génait dans la mesure où je me disais que cet ami devait se rendre compte de ma fixation. Et à force, et même très vite, j’ai cessé d’y « faire attention », à tel point que réfléchissant après coup, hors de la présence de cet ami, je me suis demandé : ai-je rêvé ce détail ? aurait-il entretemps disparu ? etc. A vrai dire, ce détail est toujours là, mais j’ai absolument cessé de le voir, il a cessé de m’interpeller, et même, si je me concentre sur ce détail, j’essaie de le faire ressortir du visage, je n’y arrive absolument pas. Ma mémoire est arrêtée et ne saura plus rien projeter d’autre.

L’incident, c’est donc le déphasage entre le flux et la mémoire, soit que la mémoire ne soit pas encore « remplie », soit qu’un élément du flux ait été modifié, déplacé. Manque évidemment l’envers de la chose, quand la mémoire ne peut plus rien projeter, parce qu’il y a amnésie (vide de mémoire), ou apathie (plus de projection, seulement réception), ou encore : quand le flux ne présente plus de « disparités »…

le moment et l’archive

Vendredi 3 novembre 2006

[AMIA-L] The YouTube issue:

Youtube encore. Non plus de l’archive mais du stockage, du hosting, pour une consommation instantanée.
Et pourtant, si ce qui se profile est bien la lecture/écriture de chacun, pour « une minute de célébrité », tout cela dans un dispositif de captation « pour la pub », pourtant, dans ce flux ininterrompu on voit des fragments de vie dans l’écran, des choses qui passent, qu’on voit une fois et qu’on ne reverra plus. Et cependant, tout cela se prend dans l’instant, se refuse à l’archive, se perdra, est « prévu » pour disparaitre.

Et quand bien même la chose est archivée, sa dissolution dans la masse ne lui permettra plus d’avoir quelque sens dans une exégèse future.
The Wikipedia and the Death of Archaeology

Dans ce paradoxe, entre instant et archive, et au sein d’une masse d’information telle que la chose mémorisée, archivée, sera à la fois oubliée, il y a quelque chose de très étrange, de nouveau assurément, l’invention d’une nouvelle logique d’un support (vidéo + réseau + communication/publication massive) qui dit à la fois sa pérennité et son éphémère, qui rappelle finalement l’impossibilité du passé et du futur et la seule existence du présent, un présent qui émerge péniblement mais qui seul laisse passer encore « quelque chose ». La vie se déroule comme fiction, comme immense fiction, dont le tangible n’apparait que fugacement, dans l’instant, dans le noeud – présent – du récit, dans cette apparition/disparition fugace de l’anonyme, presque insignifiant, mais dont l’insignifiance devient soudain lourde de sens au sein de la trop grande saturation de « sens ».

Pratiques

Mercredi 23 août 2006

Ma petite soeur de 13 ans a elle aussi un blog : http://peaceandlove412.skyblog.com/. Le contenu de son blog correspond bien entendu à ses centres d’intérêt d’adolescente, principalement ses amies, l’amitié, etc. Elle s’est fabriquée en partant du logiciel Paint livré par défaut avec microsoft des montages photographiques, une juxtaposition dans un même cadre d’images diverses trouvées sur le net.

100% moi

Et finalement, alors que j’explore la mosaïque, la possibilité de mettre sur un seul plan plusieurs motifs pour dérouler le temps dans l’espace, que j’assemble et juxtapose des images, ma petite soeur à mille lieux des considérations qui me mènent à faire cette exploration fait en quelque sorte la même chose : récupérer sur le net des images et les assembler au sein d’une même image sous une forme encore de mosaïque. A des périodes données, de génération en génération donc les pratiques restent les mêmes, des formes émergent.

Attention : contenu graphique

Samedi 12 août 2006

Les fleurs de la guerre

La guerre

Un contenu graphique car inscrit sur un support de lecture visuelle. Ce contenu graphique, ce « graphic content » est proposé avec une mise en garde. Warning : graphic content. Ce qui est derrière, ce qui va pouvoir être vu si l’on poursuit le parcours, est trop représentatif d’une forme brute de la réalité (des enregistrements photographiques qui montreraient des innocents ultimes, les enfants, victimes d’une certaine vision de la gestion des priorités (des affaires) de l’humanité). Donc finalement, ce qui est graphique, qui est inscrit et visible en permanence sur les écrans du réseau n’était pas graphique, c’était seulement du contenu qui recouvre mais qui n’inscrit pas alors la réalité? Qu’apporterait alors la dépiction généralisée de ce « contenu graphique »? A coup sûr la nausée. Et bien entendu lorsque l’on a trop vomi, on n’a plus faim et l’on ne souhaite plus consommer encore. Donc le média qui diffuse et échange le contenu entre les hommes va poursuivre l’exposition d’images très esthétiques qui bien que d’une incroyable beauté (la beauté du mal existe aussi : voir les symbolistes du 19e siècle et tout un pan d’inspiration de la création humaine), proposent une forme de consommation du « contenu graphique » généralisé qui reste finalement très agréable.

070806 : [...] il est bien clair que cet article part d’une traduction simpliste de « graphic content », mais l’objet n’est pas tant celui d’une traduction que le sens de cette mise en garde au lecteur sur le web qui mettrait en exergue une dimension souterraine des images : d’une part la pellicule omniprésente qui sature déjà notre rétine et d’autres part des images encore non « maitrisées » car leur sens n’est pas encore epuisé.

Mémoire à long terme

Mardi 4 juillet 2006

Long-term backup [dive into mark]:

Comment archiver et stocker de manière fiable toutes ces choses que j’ai sauvegardées sur une mémoire physique d’ordinateur. Dois-je accepter le montage, la sélection de certains éléments, sachant que cette sélection est toujours un choix lié à un contexte à un instant t sur ce qui me tient à coeur, et quelques années plus tard, j’aurai d’autres préoccupations, d’autres obsessions, d’autres points de vue et angles d’approche sur moi-même et sur le monde. Quel est le coùt de stockage de ces films que je tourne en DV et qui tiennent à peine sur un disque versatile.

Extraction

Vendredi 5 mai 2006

segment

L’un des maitre mots de ma « pratique » créative est l’extraction. Non seulement cette opération est centrale dans ma pratique, mais elle aussi pour moi centrale au niveau du sens global de ce qui est fait. Je considère, allant en quelque sorte à l’encontre du courant des dispositifs génératifs et computationnels qui sont fortement expérimentés (et « demandés »…) dans l’art numérique actuel, que l’un des enjeux « à venir » dans l’art numérique (ou dans une certaine approche et pratique de cette forme) est l’EXTRACTION. Je considère venir un temps de saturation des stimulis multimédia tels que notre approche cognitive du monde va être considérablement transformée et cela va avoir une conséquence considérable sur notre approche sensible et sur notre rapport à la création ( »artistique ») en général. L’artiste est et sera de plus en plus un focalisateur, un prisme, un « appareil de capture » pour extraire des singularités du FLUX omniprésent. Lorsque l’on commence vraiment à « ne faire que cela », à découper, à extraire, à SEPARER les éléments, on commence à découvrir une prodigieuse richesse de matériaux qui peuvent s’appréhender indépendamment alors même que toujours on les a appréhendés en rapport avec d’autres éléments. Un exemple : Autant la photographie a pu vivre quelques décades avant de subir des transformations importantes (noir et blanc -> couleur -> numérique), le cinéma a subi une succession d’apport technologique important quasi simultanément (nb/muet puis son/couleur/formats/etc.). Cet état de fait a eu pour effet que les apports n’ont pu être vu individuellement. Il en est de même en général de l’informatique qui subit une pression économique (plus rapide, plus de stockage, plus de méméoire) qui empêche d’explorer à un temps t la totalité des possibles.

Le son est encore un élément sous-exploité. Mes extractions sonores régulières de passages sonores ou verbaux de films me mènent à l’idée qu’il y a tout un champ d’exploration possible pour le monde aveugle mais peuplé du son des images (du cinéma en particulier bien entendu). Si on enregistre la bande son d’un film et qu’on l’écoute indépendamment on découvre un autre film. Cela me rappelle aussi le mode zweikanalton de Arte en Allemagne qui contenait souvent une bande son de description du film pour les aveugles (en plus de la sonorisation du film lui-même).

Le son donc (puisqu’on a du mal encore à explorer le toucher : seuls H.E.A.R.T of Stone et Se Toucher toi inventent quelque chose dans ce sens) est un sens de l’aveugle, ou plus intéressant, de l’aveuglement, quand « il y a trop d’images », et que tout devient blanc. L’aveuglement est-il le même entre blanc et noir? (non).

Donc, puisque je ne peux clôre là, lorsque l’on commence à extraire, on découvre des nouvelles formes de matériaux sur des choses qui étaient déjà là. Et aussi, et surtout, pour moi, extraction = temps. L’extraction, le temps de parcours, de découverte, d’extraction minutieuse, est une re-découverte du temps patient et laborieux, chose qui me tient à coeur prenant le travers de cette facilité et instantanéité du résultat par la médiation des outils numériques. Travail d’artisan plus rudimentaire utilisant plutôt les ciseaux et la colle que les puissances vectorielles et computationnelles.

mnem

Mardi 11 avril 2006

http://www.wordinfo.info/words/index/info/view_unit/1322/?letter=M&spage=6

(Greek: memory, to remember)
amnemonic
1. Characterized by a loss of memory.
2. A reference to a faulty memory.
amnesiac
1. Someone who is afflicted with amnesia.
2. Partial or total loss of memory.
amnesic
A reference to amnesia.
amnestic
Causing loss of memory; said of diseases, poisonous agents, etc.
amnesty
1. Forgetfulness, oblivion; an intentional overlooking.
2. An act of oblivion, a general overlooking or pardon of past offences, by a ruling authority; a general pardon, especially for political offenses.
anamnesis
1. The recalling of things past; recollection, reminiscence; remembering.
2. When capitalized: the section of Christian liturgies rehearsing the sacrifice of Christ and ending, « Do this in remembrance of me. »
anamnestic
1. Recalling to mind; aiding the memory or recollection.
2. A proposed equivalent for mnemonic(s) [devices for remembering].
antimnemonic
Prejudicial to the memory or working against memory.
automnesia
Spontaneous revival of memories of an earlier condition of one’s life.
cryptomnesia, cryptomnesic
1. The recall of memories not recognized as such or forgotten experiences that are recalled but which appear to be completely new.
2. The recall to mind of a forgotten episode that seems entirely new to the patient and not a part of his/her former experiences; subconscious memory.
dysmnesia
Impaired or bad memory
ecmnesia
1. Loss of memory with regard to the events of a particular period.
2. Impairment of memory for recent events with normal memory for distant events.
hypomnesia, hypomnestic
A condition of having a weakened memory.
mnemasthenia
A weakness of memory.
mneme
The capacity which a living substance or organism possesses for retaining after-effects of experience or stimulation undergone by itself or its progenitors.

etc…

Internet et le temps

Mercredi 8 mars 2006

En effectuant récemment des recherches sur quelques amis perdus de vue depuis plus ou moins longtemps, j’ai eu la surprise de découvrir l’image d’un ancien ami d’un temps antérieur à la période où je l’ai connu. C’est comme si google m’avait permis de parcourir le temps dans le passé. Lorsque j’ai découvert la wayback machine, l’année dernière seulement, j’ai eu la surprise de voir des vieux sites oubliés réactivés à mon souvenir. Tout d’un coup, il apparaissait qu’internet, le réseau, coeur de l’instantanéité de nos jours, était aussi un lieu de souvenir, ou du moins devait le devenir. Il est vrai que l’on conçoit des sites webs tous les jours, mais jamais avec l’idée que leur durée a un sens. Hors, ils ne doivent pas être seulement vus pour leur fonction (de communication le plus souvent), mais représentent aussi une inscription dans le temps. La question du nom de domaine qui permet de positionner un site dans le cyberespace est un problème : un nom de domaine a une durée de vie limitée. Les noms de domaine vivent et meurent et avec eux aussi les traces (le site) dans le temps. La question du nom de domaine est donc un véritable problème. Faire durer un nom de domaine, c’est payer indéfiniment pour celui-ci.
disruption.org
La wayback machine m’a permis par exemple de redécouvrir la forme qu’avait le premier site que j’avais construit, un site très minimal qui ne contenait que quelques pages, mélange chaotique de fragments de code du noyau linux et d’assertions du tractus logico-philosophicus. Ce site s’appelait disruption.org, ce qui en reste sur la wayback machine est des plus minimal encore, mais ce contour des images est quelque chose qui m’évoque quelque souvenir. J’avais dû à l’époque m’inspirer du site de raster-noton.

Ce mot disruption me tenait beaucoup à coeur et m’est toujours important et pourtant, je n’ai pas poursuivi la concession de ce lieu. Il est singulier que personne n’a depuis 5 ans racheté ce nom.

Pour en revenir à cette notion de temps d’internet, on constate aussi que les blogs, site de l’instantané par excellence sont aussi à la fois des sites de la sédimentation dans le temps. Un blog rend compte d’une instantanéité dans la prise de notes, mais se décline dans un temps le plus souvent représenté par le calendrier lui-même. Il est de plus en plus fréquent de voir des personnes architecturer des sites web autour d’un mécanisme de blog et d’antidater des informations pour recréer à la fois le déroulement séquentiel des infos du blog, et proposer le mode « actualité » et à la fois le mode « archive ». Voilà un élément important : le blog propose sur le même plan le présent et l’archive.

C’est la sédimentation qui fait le temps d’internet. Et le nouveau écrase l’ancien. Pour que le palimpseste ne fasse pas disparaitre les traces de l’origine, il faut essayer de conserver : imprimer, stocker sur divers supports… penser la question de la sauvegarde de cette forme mouvante qui semble ne se nourrir que de d’instantanéité et de nouveauté.

Dans cette optique, voir :

http://www.firsttenyears.de/ : travaux d’étudiants de la Merz Akademie.
http://art.teleportacia.org/observation/vernacular/ : formes redondantes du web des « débuts ».
http://art.teleportacia.org/observation/vernacular/frame/
: des tableaux renvoyants à l’esthétique FRAME HTML.
http://www.designtimeline.org/ : 10 ans de design Web.
http://www.leegte.org/ : transposition dans le monde « physique » d’une esthétique des encadrements HTML (broken image, input type, frameset).
http://www.digitalmediatree.com/tommoody/?31705 : sauvegarde en tableau d’une intervention des « déconstructeurs » de screenfull.net.

Ruines

Jeudi 2 février 2006

lilith

Bodies are becoming like cities, their temporal coordinates transformed into spatial ones. In a poetic condensation, history has been replaced by geography, stories by maps, memories by scenarios. We no longer perceive ourselves as continuity but as location, or rather dislocation in the urban/suburban cosmos. Past and future have been exchanged for ¡cons: photos, postcards, and films cover their loss. A surplus of information attempts to control this evanescence of time by reducing it to a compulsive chronology. Process and change are now explained by cybernetic transformation, making it more and more difficult to distinguish between our organic and our technological selves. It is no longer possible to be rooted in history. Instead, we are connected to the topography of computer screens and video monitors. these give us the language and images that we require to reach others and see ourselves.
Almost a relic, the body is exercised and sanitized to glorification. It is the last refuge of identity. Like the vanishing city, the body remains as the only concrete proof of existence. Yet, scattered and fragmented under the weight of technology, body and city can’t be recovered by means other than those that displace them: they must be recorded or registered anew. Video replaces the personal diary. Made up of images, urban culture is like a hall of mirrors, its reflections reproduced to infinity. Confronted with their own technological images, the city and the body become ruins. Even technology is attacked by an obsolescence that renders it old instantly. We are faced with a transitory landscape, where new ruins continually pile up on each other. It is amid these ruins that we look for ourselves.

in Megalopolis, Celeste Olalquiaga.

Cela me fait penser aux boites craniennes contenant des architectures de temple en ruine, présentées dans cette fameuse casa memoria de Anne et Patrick Poirier, exposition de l’été 2005 au centre d’art Andre Malraux à Colmar. La mémoire comme cité, cités toujours et inexorablement vouées à devenir ruine. Les corps dans les villes, géolocalisés par des nouvelles technologies « mobiles » en devenir mais qui se précisent de plus en plus, tendent eux aussi à cette même ruine. On aimerait que les choses aillent plus vite, voir cette déliquescence s’accélérer encore plus, comme cette obsession qui parcourt tous les livres de Paul Virilio, marqué lui aussi par ses visions d’enfance dans les ruines d’une ville bombardée. Obsession de la vitesse qui mène plus vite vers la catastrophe, sachant que assurément, il n’y a plus rien à atteindre et attendre, car la catastrophe a déja eu lieu.

Cette fin qui a déjà eu lieu, ce sont les mots que tint l’un des acteurs de la pièce de théatre « Le bleu du ciel » de Ivan Stanev, d’après Georges Bataille et vu en 2000 au Sophiensaele de Berlin :

- »Hey, it’s over, it’s all done ».