Archive pour la catégorie ‘Travaux’
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Mercredi 13 mai 2009Monochrome memories
Lundi 3 mars 2008http://www.incident.net/works/corememory/
Pour réaliser Core Memory, des séquences de film ont été décomposées en milliers d’images fixes. Les valeurs des pixels de chaque image obtenue ont été extraites afin d’obtenir la couleur moyenne de chaque image. A partir de chaque nouvelle image fixe monochrome construite, la séquence monochrome correspondante a été reconstruite. Il en ressort une composition chromatique qui « applatit » les couleurs originales du film (les couleurs utilisées sont les couleurs moyennes de l’ensemble des pixels de chaque image fixe), mais pour autant, les valeurs chromatiques obtenues laissent encore la possibilité de se remémorer la tonalité chromatique de ces séquences. Une seconde version de ce travail pourrait être construite, non pas en utilisant les couleurs moyennes, mais en utilisant la couleur apparaissant le plus dans chaque image (ou une moyenne autour de celle-ci), par pondération.
A noter également que les séquences vidéo sont visualisées différemment sous Mac et Windows : Safari affiche une vidéo avec un grain alors que Firefox efface totalement ce grain. Les séquences sont visualisées dans un format allongé cinématographiques sous Windows alors qu’elles sont plein écran sur Mac. On préférera Safari sous Mac, la représentation idéale étant sous Windows…
CoreMemory
Jeudi 14 février 2008
Le jardin
Samedi 10 novembre 2007
Après une immersion durant plusieurs mois dans les travaux de Chris Marker, j’ai décidé de retourner sur les traces du film « la jetée ». De l’impossibilité de retrouver, 45 ans après, les plans, les lieux, les dispositions et les objets du film, évidemment disparus où totalement transformés, est née une méditation sur cette quête impossible des images de la mémoire : « Le jardin ».
Desperately human
Mercredi 7 mars 2007
07.03.2007 12:30 : BLANC et SOLITUDE
Passé la nuit à manipuler les pensées des « autres », ou plutôt des uns. Les vies se réduisent à une simple phrase, une simple expression d’une solitude qui pourtant se détache sur un fond blanc. A me noyer ainsi dans un paysage exclusivement blanc, j’en viens peu à peu à me détacher de mon corps et n’être plus qu’un esprit qui cotoie d’autres esprits. Un dialogue. Dans ce vide complet, d’un silence aussi mortifère que l’espace flottant de Stanley Kubrick, je n’entends que des humains, des voix murmurantes mais furieusement vivantes.
Madeleine
Vendredi 16 février 2007W
Mardi 5 décembre 2006
W est un hommage au genre cinématographique Western (le fameux « horse opera ») et également à l’un des plus grand philosophes du 20e siècle : Wittgenstein.
W est basé entièrement sur des plans, extraits de films du domaine public accessible sur le site archive.org, et représentant un individu, homme ou femme, chevauchant un cheval.
La légende veut que Wittgenstein, après d’harassants travaux philosophiques à Cambridge, aimait à se relaxer devant des Westerns, assis le plus souvent au premier rang.
Tout est partit d’une recherche sur les travellings, les travellings qui pensais-je étaient très répandus dans les Westerns. Je m’imaginais des images de canyons défilants, mais il n’y en a pas, car il n’y y a pas de train. Le travelling, c’est le train. En parcourant des films de Western téléchargés sur archive.org, ces films qui ont construit mon imaginaire de l’West que je ne connais pas, étant pourtant né dans l’Ouest, mais à Lorient… Dans ces films de Western, ce fut mon constat très vite, il n’y a que des hommes qui chevauchent dans la plaine, qui vont et viennent. Il y a un espace à explorer inlassablement, sans fin, rythmé par les sabots du cheval. Il n’y a dans les Westerns que des respirations de cette sorte, des longues séquences inutiles, absurdes, qui montrent des hommes qui rejoignent des points que l’on n’identifie pas vraiment. J’ai finalement décidé d’extraire ces moments-là, me rendant compte que leur juxtaposition était aisée, et que le mouvement créé se déroule de lui-même. On peut ainsi rester plusieurs minutes, à simplement laisser ce mouvement se dérouler, le mouvement qui a inventé le principe cinématographique, le mouvement du galop du cheval de Muybridge, qui permet de transporter l’homme, d’explorer le paysage. Alors aux extrémités de ce mouvement absurde et évident, ce vide évident, il y a bien sûr son adorateur Wittgenstein qui posent les bornes de la grammaire.
anamnèse
Vendredi 25 août 2006
Sur une bande son composé intégralement à partir de sons de disques durs cassés, une courte vidéo sur la mémoire et les supports d’enregistrements.
Les tunnels
Lundi 21 août 2006
Londres | Mutzig
Je présente depuis dimanche dernier, dans le cadre de l’itinéraire d’art contemporain MUTZIGZAG une installation sonore dans un ancien fort militaire construit à l’initiative de Guillaume II à partir de 1893. Cette installation consiste en la sonorisation d’une galerie souterraine de 150 mètres de long reliant deux casernes souterraines elles-aussi. Les lieux de type tunnels m’ont toujours fasciné par ce qu’ils véhiculent d’impressions mentales difficilement exprimables, mais qui vont assurément chercher dans l’inconscient leur matériau. Suite aux multiples détonations destructrices ayant eu lieu hier dans divers lieux, souterrains encore, de Londres, un anonyme (ou presque), a extrait cette image de la progression souterraine des londoniens vers la surface. Je rapproche volontairement cet image à celle du fort de Mutzig, et met en lien un extrait sonore de l’installation sonore audible, ou plutôt « à vivre », jusqu’à début septembre.
Le son de l’amnésie
Lundi 21 août 2006Il y a quelques mois, je tombais sur le lien ci-dessous
Hitachi Global Storage Technologies | Support | Knowledge Base
Sur le site de la société Hitachi, dans la « base de connaissance », on retrouve une rubrique dans laquelle sont mis à disposition des fichiers son (au format wav), des « bruits qui indiquent un disque défectueux ». Ces bruits sont donc par extension les bruits de l’effacement d’une mémoire, celle de ces supports de stockage et donc par extension, celle de nos mémoires digitales.
Ce soir-là, j’ai eu alors envie d’en faire un morceau de musique entièrement composé de sons de disque dur défecteux. Il n’y avait pas d’autres idées sous-jacentes au départ. Le morceau se construit par répétitions et fusions de ces motifs sonores qui sont tantôt laissés dans leur déroulement complet, tantôt tronqués.
En fin d’article, le morceau.
Une fois ce morceau terminé, il m’a semblé finalement que cette histoire de mémoire cassée déclinée sous la forme d’un simple morceau musical pouvait alors s’accompagner d’images. J’ai pensé alors nécessairement à ces plans de films que j’extraie régulièrement depuis déjà plus d’un an sans rien en faire. Muni de l’outil resolume, j’ai assemblé quelques plans traitant du motif de l’enregistrement : le magnéto à bande son, les images en flip-book de John Travolta dans « Blow out« , clin d’oeil sonore faisant référence au « Blow Up » d’Antonioni, Un phonogramme dans « Hiroshima, mon amour« , etc.
Au final, j’ai obtenu une réalisation courte d’à peine plus d’une minute. Rien n’était calculé dans le montage fait « en live », usant à la fois de manipulation manuelle volontaire (avec pour objectif de faire revenir certains motifs) et de processus automatiques. Ce mode de travail est celui que j’affectionne le plus souvent : préparer un matériau composé d’une collections d’éléments préalablement extraits à gauche et à droite, tout le temps, et construire de façon brute (et donc aussi maladroite) un contenu (son ou vidéo) sans calcul, sans pensée scénaristique. Ce mode de travail s’inspire vraisemblablement de mon « passé » de DJ Ambient, où je fabriquait des « paysages sonores » et avait constaté que les mix non préparés (non pensés au préalable) avait une plus grande inventivité.
On trouvera aussi des maladresses dans cette petite réalisation que je me suis refusé à remanier, des signes rappelant nécessairement les productions de VJ (répétitions de motifs, effets de retour, etc.), mais la rapidité avec laquelle j’ai produite cette petite chose (45 min entre la découverte du lien et la réalisation de la forme finale audio/vidéo), montre aussi la possibilité de dériver soudainement une idée, un média (quelques sons de disque durs cassés), en une forme plus finie, personnelle, image d’une réappropriation quasi instantanée du flux. On peut même penser que ce traitement ira encore s’accélérant dans le futur.

(anamnèse, vidéo format MPEG1 (14Mo, compatible tout lecteur vidéo), MPEG2 (90Mo, utiliser VLC) ou MPEG4(4,8Mo))
