Man With a Movie Camera: The Global Remake is a participatory video shot by people around the world who are invited to record images interpreting the original script of Vertov’s Man With A Movie Camera and upload them to this site. Software developed specifically for this project archives, sequences and streams the submissions as a film. Anyone can upload footage. When the work streams your contribution becomes part of a worldwide montage, in Vertov’s terms the “decoding of life as it is”.
Man With a Movie Camera
28 mars 2009Les enjeux industriels
13 mars 2009Il y a quelques années, je « décryptais » avec fascination les manifestes de Netochka Nezvanova, qui dans de longues pages ascii (texte vert sur fond noir) exposait la nouvelle révolution numérique, elle/il parlait de la « bit society ». On lisait que la société numérique succédait à une société industrielle, et que les paradigmes s’en trouvaient évidemment profondément changés. Exit l’usine. Rentré donc dans une ère transparente et flottante du monde numérique et du cyberspace, il n’y avait donc plus de cambouis. Tous les jours en utilisant google, j’avais à faire à un interlocuteur extrêmement proche qui ne s’encombrait pas d’un portail compliqué à la yahoo, pour m’offrir le résultat de mes recherches. Je fus d’ailleurs naïvement surpris dans le début des années 2000 de voir que google comptait déjà plusieurs centaines d’employés, alors que la simplicité de la page de garde m’avait donné l’impression d’avoir à faire à une petite société, presque artisanale, répondant simplement à mes requêtes.
Le 18 mai 2008, Christian Fauré mettait en ligne la vidéo de son intervention lors d’un séminaire de l’association Ars Industrialis, et alors seulement ce jour, j’ai compris que j’avais été endormi par Google toutes ces années. J’ai compris que cette société qui commerçait avec moi depuis déjà plusieurs années, n’était pas une entité dans les limbes d’un réseau internet invisible aux contours indéterminés, mais bien une usine. J’ai compris que la révolution numérique n’en était pas moins et toujours basée sur des enjeux industriels forts, d’industrie lourde pourrait-on même dire. Il s’avère que répondre aux milliards de requêtes quotidiennes nécessite une infrastructure lourde, matérialisée par des centres de calcul aux contraintes bien matérielles que sont l’utilisation d’énergie productive (faire fonctionner les serveurs) et la gestion de l’énergie « négative » (gérer les déperditions de chaleur, donc le refroidissement). Selon Christian donc, que google dispose de salles blanches au pôle nord ( autre lieu blanc…) n’est pas tant que cela une lubie : plus les utilisateurs vont solliciter ces centres de calcul, plus la question du refroidissement des machines sera prégnant. Christian rappelle d’ailleurs que la consommation des centres de calcul aux Etats-Unis est de 3 ou 5% (de souvenir) de l’énergie consommée outre atlantique : énorme.
Et oui, ce n’est plus une histoire de bits innocents, d’interfaces graphiques immaculées, ce sont des histoires d’industrie lourde, de titans. La mise au jour de cette dimension de l’informatique est tout à fait intéressante et rappelle la dimension même « d’industrialisation » de nos rapports aux outils et services informatiques aussi simples et invisibles qu’ils n’y paraissent. Cette notion d’industrialisation est aussi au coeur des réflexions permanentes du groupe de réflexion d’ars industrialis, mené évidemment grandement par Bernard Stiegler, dont une fois encore, Christian nous offre régulièrement les compte-rendus vidéo.
Pour cela, pour ce travail répété de mise en lumière des processus industriels à l’oeuvre dans notre commerce avec l’informatique et les réseaux, il faut lire le blog de Christian Faure.
Le Net en France
2 mars 2009Untitled
12 février 2009Ruines et temps du cinéma
1 février 2009« Il est extraordinaire que tant d’hommes aient confié tant d’images, tant d’affects, tant de constructions, tant de beautés à un support si proche, ontologiquement, de sa propre ruine. »
(Georges Didi-Huberman [1])
Analog
13 janvier 2009Untitled
13 janvier 2009
Bethan Huws, Untitled, 2006, alluminio, vetro, lettere in gomma e plastica, courtesy the artist
(via We make money not art)
Extrait de journal
9 janvier 2009Externalisation
19 décembre 2008C’est dans les livres de Bernard Stiegler que revient souvent le motif d’une externalisation de la mémoire. Le fait n’est pas nouveau et a été énoncé par Vannevar Bush dans son désormais fameux article As we may think en 1945. Jour après jour ce processus s’empare de nous et nous défait de certaines habitudes qui bientôt vont être oubliées, justement par le fait qu’elles ne feront plus partie de la mémoire de nos corps et nos pratiques. La fois où j’ai le plus fortement ressenti cela a été la fois où j’ai eu à conduire une voiture munie d’un navigateur GPS pour me rendre dans un endroit que je ne connaissais pas : j’ai essayé un temps de faire fonctionner en parrallèle ma capacité de « réflexion » et d’orientation, et en même de suivre les consignes de la machine. Très vite, devant le conflit insoluble rencontré, j’ai renoncé à réfléchir à mon chemin et me suis laisser guider. J’ai « laché prise ». Hier soir, je discutais avec un ami allemand qui m’a dit la chose suivante : « we are no more thinking, just googling ». C’est vrai, le réflexe est facile : plutôt que d’enregistrer dans ma mémoire les éléments de base pour ma réflexion, je préfère bien souvent aller rapidement « chercher » la chose toute faite dans le résultat d’une recherche internet. Ce mouvement de « recherche » prendra surement dans une forme amplifiée, la place d’activité jusque là de « réflexion », de pensée. Et l’on voit bien alors qu’au delà du mouvement de dépossession à l’oeuvre, il y a parrallèlement un mouvement qui confère à une autorité externe, ici Google, le travail de pensée à ma place. On se souvient alors du motif du « supercomputer » tel qu’il apparait dans de nombreux films et romans de Science-Fiction, à son devenir « esprit ». Je pense par exemple à Schalmanezer dans « Tous à Zanzibar », ou alors cet ordinateur qui cherche à s’incarner dans « Demon Seed » (Génération Proteus).
On the Virtues of Preexisting Material: A Manifesto
25 novembre 2008 1. Why add to the population of orphaned works?
2. Don’t presume that new work improves on old
3. Honor our ancestors by recycling their wisdom
4. The ideology of originality is arrogant and wasteful
5. Dregs are the sweetest drink
6. And leftovers were spared for a reason
7. Actors don’t get a fair shake the first time around, let’s give them another
8. The pleasure of recognition warms us on cold nights and cools us in hot summers
9. We approach the future by typically roundabout means
10. We hope the future is listening, and the past hopes we are too
11. What’s gone is irretrievable, but might also predict the future
12. Access to what’s already happened is cheaper than access to what’s happening now
13. Archives are justified by use
14. Make a quilt not an advertisement
Rick Prelinger / On the Virtues of Preexisting Material: A Manifesto
http://absentmag.org/?p=16
http://www.futureofthebook.org/blog/archives/2008/11/on_the_virtues_of_preexisting.html



