Monochrome memories

3 mars 2008

Core Memory

http://www.incident.net/works/corememory/

Pour réaliser Core Memory, des séquences de film ont été décomposées en milliers d’images fixes. Les valeurs des pixels de chaque image obtenue ont été extraites afin d’obtenir la couleur moyenne de chaque image. A partir de chaque nouvelle image fixe monochrome construite, la séquence monochrome correspondante a été reconstruite. Il en ressort une composition chromatique qui « applatit » les couleurs originales du film (les couleurs utilisées sont les couleurs moyennes de l’ensemble des pixels de chaque image fixe), mais pour autant, les valeurs chromatiques obtenues laissent encore la possibilité de se remémorer la tonalité chromatique de ces séquences. Une seconde version de ce travail pourrait être construite, non pas en utilisant les couleurs moyennes, mais en utilisant la couleur apparaissant le plus dans chaque image (ou une moyenne autour de celle-ci), par pondération.

A noter également que les séquences vidéo sont visualisées différemment sous Mac et Windows : Safari affiche une vidéo avec un grain alors que Firefox efface totalement ce grain. Les séquences sont visualisées dans un format allongé cinématographiques sous Windows alors qu’elles sont plein écran sur Mac. On préférera Safari sous Mac, la représentation idéale étant sous Windows…

L’écriture de la partition électronique

25 février 2008

L’une des évolutions principales de l’informatique dans les années à venir est la « disparition » de celle-ci :
- D’une part, les applications fonctionnant auparavant sur le poste de travail migrent vers un fonctionnement déporté, sur un serveur distant. On parle d’application ASP (Application Service Provider) ou encore plus récemment de SAS (Software As Service). Le concept effectif et opérant du Web 2.0 repose souvent sur ce principe d’une fonctionnalité logicielle qui s’opérait auparavant sur le desktop et qui maintenant se sollicite par le biais d’une application Web.

- D’autre part, les objets qui nous entourent se dotent petit à petit de capacité sensorielles et computationnelles leur permettant de fonctionner de manière active, autonomes ou en interaction avec des services Web.

Le second courant a depuis quelques années pris un essor important : c’est ce que l’on appelle le « physical computing ». Cette « discipline » est de plus en plus explorée par les designers et artistes dans la mesure où elle permet une interaction avec les utilisateurs ou spectateurs qui ne passe pas nécessairement par la médiation d’un écran d’ordinateur, d’une souris ou d’un clavier. L’interaction n’est plus donc centrée sur l’objet PC renvoyant à la micro-informatique, mais elle se déplace vers tout type d’objets existants ou inventés et également vers l’interaction avec un environnement ou un espace donné.

Cet éloignement du PC est quelque chose de très positif dans la mesure où il permet au processus créatif de se recentrer sur son objectif initial sans être contaminé par le conditionnement des paradigmes de l’interaction informatique au sens propre, c’est à dire encore : un écran de 15 pouces, une souris ou un clavier. Dans le physical computing, la capacité computationnelle est d’ailleurs le plus souvent réduite puisqu’elle réside le plus souvent dans les capacités de microcontrolleurs rudimentaires tel que le ATMEL AVR et le ATMEL ATmega168 (microcontrolleur des cartes Arduino et Wiring). Tout d’un coup, la complexité de l’informatique disparait et l’on revient aux fondamentaux, aux premiers principes électroniques des débuts : la notion d’entrée et de sortie (I/O) pour la réception et diffusion de message, l’information analogique contenue dans un voltage, la binarisation du choix et du résultat à travers l’extinction et l’éclairage d’une LED. Avec l’émergence d’une nouvelle direction technologique qui va probablement rajouter un saut supplémentaire dans la numérisation du monde (numérisation de nos interactions avec les objets fondamentaux), on constate comme toujours que la première étape est un « dévoilement » de ce qui constituait la forme « précédente » de ce monde : des actions atomiques (vrai/faux ouvert/fermé) et des composants atomiques (résistance, voltage, circuit de distribution PCB). Les technologistes appellent cette évolution « l’internet of things« , un environnement ou chaque « périphérique » est interconnecté, plus seulement des ordinateurs (Avant même l’art plastique à proprement dit, le design est probablement le premier à explorer les nouvelles modalités d’interaction avec les objets « communiquants »). La norme IPV6 permettant l’adressage de ces éléments interconnectés est d’ores et déjà en mesure de fournir plus d’adresses qu’il n’y a d’atomes dans l’univers.

Alors que l’algorithme, un langage particulier, est le mode privilégié d’interaction avec le monde informatique actuel, l’exploration du « physical computing » nous amène le plus souvent à apprendre une lecture et une écriture de la « carte imprimée », la fameuse PCB (Printed Circuit Board). D’un mode d’interaction langagier, nous revenons à un mode presque graphique : le principe de la partition, écriture telle que nous l’a proposé la partition musicale notamment. Cette partition électronique est moins temporelle, plus spatiale : elle propose surtout des cheminements de flux (électriques), des labyrinthes électroniques.

Ceci n’est rien de nouveau, ce motif microscopique (quoique re-dévoilé ici par la simplication de la carte électronique de type PCB) nous renvoie à d’autres motifs équivalents de niveau micro ou macroscopiques : La partition ou la mosaique. Ces motifs sont des motifs récurrent de nos interactions avec le monde :

La partition musicale

John Cage

la pixelisation de l’image numérique contemporaine

artefact DVD

la découpe des buildings et champs agricoles vus à travers une fenêtre de Google Maps

google map

ou le hublot d’un avion.

vue d’avion

C’est la représentation récurrente chez Mondrian :

et encore elle est démontrée de manière encore plus explicite dans ce fabuleux film de Godfrey Reggio « Koyaanisqatsi« , dans lequel flux humains et flux électroniques, villes et circuits imprimés sont présentés comme identiques : La ville comme une vaste machine.

Ce motif macro et microscopique de la mosaïque, matrice de toutes les représentations contemporaine est aussi le motif récurrent des explorations numériques de Reynald Drouhin.

L’immersion PicLens

25 février 2008

http://www.piclens.com/site/firefox/win/

Découvert ce jour une extension firefox incroyable : un outil de slideshow qui repose sur une vue RSS des sites Web 2.0 (comme flickr par exemple) et propose une navigation des images en « profondeur », avec une fluidité d’affichage assez incroyable. Tester la chose sur une page flickr est étrange, on a l’impression d’avoir à faire à quelque chose de nouveau, assurément nouveau, de nouveau l’exploration de quelque chose qui donne une impression d’espace.

piclens

Disrupted Billboard

22 février 2008


Disrupted billboard from cld on Vimeo.

Mandarines

19 février 2008

Elle s’est détendue quand je me suis relevé, et nous nous sommes embrassés. Je me suis de nouveau perdu en elle. « Mon Dieu, mais qu’est ce que tu portes ? Ce parfum, ça me ramène très loin
– Où ça ? « .
Je léchais sa bouche. « Euh, juste très loin. Dans le passé. Je revis toute mon adolescence.
– Simplement avec le brillant à lèvres ?
– Ouais. C’est comme ces petites mandarines chez Proust.
– Vous voulez dire madeleines.
– Ouais, comme ces petites mandarines.

CoreMemory

14 février 2008

CoreMemory

Archives métastables

17 janvier 2008

Plus que hotline, emule ou autres, bittorrent offre un paradigme de la diffusion qui est autre qu’un simple partage. Bittorrent met en oeuvre une stratégie d’archivage « métastable » dans le sens où un fichier, une oeuvre, une archive, peut se faire de manière éclatée sur le réseau, sans que cette archive existe (ou presque de manière) complète chez l’un ou l’autre des tenants et aboutissants. L’utilisation meme des termes de racines (seed) et feuilles (leech) rendent mal compte de cette sauvegarde horizontale : tout le monde est sur le même plan d’égalité. Le peer to peer est aussi et surement, au delà d’un formidable paradigme de partage, l’avenir même de la sauvegarde : la chose est nulle part et partout, elle n’a nul emplacement fixe, mais « rode » sur le réseau. Des trackers me permettent de la retrouver, ou plutôt d’ »entrer » dans la chaine de partage qui me permettra de re-constituer ce média. Jamais les multinationales ne seront en mesure de tout archiver, elles produisent et effacent, car le bénéfice doit être immédiat.

Comme le dit l’un des concepteurs de Piratebay : « nous ne référençons que des adresses IP et des checksums ».

STEAL THIS FILM
STEAL THIS FILM II

APIculture

17 janvier 2008

Une portion importante des oeuvres du netart actuel reposent sur une approche de génération dynamique reposant sur des sites « Web 2.0″. Cette interaction et générativité est rendue possible par l’existence et la publication quasi systématique pour ces dits-sites d’interface de programmation ouverte appelée API (Application Programming Interface). Ce qui semble constituer au premier abord comme une véritable « ouverture », cette API ouverte et documentée, n’est en fait rien d’autre que la création d’une dépendance logicielle. L’objectif attendu est la création de zones de captations (http://www.andykessler.com/andy_kessler/2006/10/media_2uhoh_in_.html) qui pourront ultérieurement être valorisées et monétisées. L’utilisation de ces API dans le cadre de projets artistiques augmente évidemment la non pérennisation des oeuvres, sauf à sortir celle-ci du support de présentation que constitue le Web. Il faut certes construire sur du métastable, mais ce qui est construit doit pouvoir se poser, s’inscrire sur du stable. Il en va une fois de plus de la possibilité de l’archivage qui, même s’il contient lui-même le venin de la disparition et de l’oublie, implique le choix… et cela n’a rien à voir avec une notion d’auteur au sens fort, la notion d’auteur n’a plus de sens dans l’éclatement de matériaux. Il est simplement question de « manipuler des forces ». Le DJ est-il un auteur ? il assemble, choisi du matériau qui ensuite va se disséminer fortement dans l’amplification et la canalisation des Kilowatts de s haut-parleurs.

J’ai de la chance

17 janvier 2008

Reçu ce jour dans la boite aux lettres électronique.

bonheur

L’avenir des livres

3 décembre 2007

lost ark

http://bldgblog.blogspot.com/2007/12/future-warehouse-of-unwanted-books.html

(via r-echos)