
Carnet de bord
« Les jours froids et pluvieux passés à
Venise constituèrent un singulier
prélude. L'hôtel luxueux mais sans caractère dans lequel
nous étions tombés était désolant, correspondant
en cela à la décadence caractéristique de la ville.
Tout en étant historiquement postérieure à la Grèce
de bien des siècles et ainsi plus proche de nous dans le temps, Venise
reste bien incapable d'indiquer un chemin. Elle a sombré au rang
d'objet d'étude pour historiens, d'imagerie aguichante pour écrivains
à court d'inspiration, d'arène pour expositions et congrès
internationaux, en proie à l'industrie touristique. De l'ancienne
puissance et de la splendeur passée de la République, on ne
trouve pas trace dans ce qui en subsiste, un enchevêtrement inextricable
de bâtiments et de places qui se prête à être décrit
et redécrit de mille manières [...] Sans doute pour qui n'a
pas constamment présente à l'esprit la violence du monde moderne
et technique, le charme historico-esthétique de la ville, peut-il
jouer passagèrement et momentanément. » [4]
Die verregneten kalten Tage in Venedig boten ein seltsames Vorspiel. Das
gesichtslose Luxushotel, in das wir geraten waren, hatte sich durch seine
Öde dem Verfall angepasst, der die Stadt kennzeichnet. Um viele Jahrhunderte
später geschichtlich und dadurch uns zeitlich näher als das Griechenland,
bleibt Venedig ohne wegweisende Kräfte. Es ist zum Objekt der Historie,
zum Reizbild ratloser Schriftsteller, zum Tummelplatz internationaler Kongresse
und Ausstellungen, zum Raubstück der Fremendeindustrie herabgesunken.
Die einstige Macht und Pracht der Republik sind aus dem Übriggebliebenen
gewichen, dessen vielfältiges Gewirr an Bauten und Plätzen sich
endlos und immer anders beschreiben lässt [...] Wem freilich nicht
unablässig die Gewaltsamkeit der modernen technischen Welt vor dem
inneren Blick steht, mag in dem historisch-aesthetisch herbeigeholten Zauber
der Stadt flüchtig und zeitweilig aufgehen.