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Carnet de bord


« Par chance, une fois le bateau accosté au Pirée, une amie de notre famille vint nous chercher et nous emmena aussitôt en voiture à l'Acropole en empruntant, après la traversée du quartier du port, les larges rues de la ville moderne. Nous y arrivâmes à l'ouverture du secteur des temples. En dehors d'un petit nombre d'ouvriers au travail, il n'y avait encore personne. Par un soleil matinal éclatant, sous un ciel serein, nous laissâmes en montant le bruit et les fumées de la ville en bas, et avançant de plus en plus lentement, nous passâmes les Propylées pour aller à la demeure de la déesse dont la ville porte le nom [...] Les autres édifices de l'Acropole conservaient leur beauté - elle ravit et enlève à la fois. Ils n'entrent pourtant pas d'emblée en pleine harmonie avec le Parthénon [...] Entre-temps - la prime heure matinale s'étant écoulée sans que nous y ayons pris garde - la foule des visiteurs se mit à augmenter à vue d'oeil. A peine le séjour était-il atteint que se substitua à lui le flot des visites organisées. En fait de visites, c'est le fonctionnement des caméras et appareils de photos qui en tenait surtout lieu. La foule humaine ne dérangeait pas du fait qu'elle encombrait les allées et les emplacements. La menace venait bien plutôt des allées et venues entraînées par son zèle de tout voir voir auquel, quoi qu'on fasse, on ne peut échapper, tout ce dont on venait de faire l'expérience s'en trouvant ravalé au rang de simple objet subsistant pour les visiteurs. Qui contesterait ou même déprécierait que de cette foule en surnombre, certains allaient emporter ensuite dans leur voyage une forte impression de l'ensemble des temples de l'Acropole ?
Après avoir repris quelques forces dans le jardin du charmant café situé sur la pente de la montagne, nous revînmes en ville. A l'égard du souvenir de ce dont on venait de faire l'expérience, l'animation de la foule méridionale paraissait aussi irréelle que forcée la présentation de danses populaires grecques organisées après le déjeuner à l'hôtel 'Amalia' où se trouvaient les passagers du bateau. » [24-26]

Zum Glück wurden wir, nachdem das Schiff im Piräus angelegt hatte, von einer Freundin unseres Hauses abgeholt und sogleich mit dem Wagen durch das Hafenviertel auf breiten modernen Strassen der Stadt zum Burgberg hinaufgefahren. Wir kamen oben gerade an, als man den Zugang zum Tempelbezirk öffnete. Ausser wenigen Bauarbeitern war kein Mensch zu sehen. Im Glanz der Morgensonne, unter heiterem Himmel und über dem Dunst stiegen wir durch eine stadtferne Stille, immer wieder verweilend, durch die Propyläen zum Haus der Göttin, deren Name die Stadt trägt [...] Die übrigen Bauwerke auf dem Burgberg behielten ihre Schönheit - das zugleich Berückende und Entrückende. Sie liessen sich jedoch nicht sofort in einen gleichgestimmten Einklang mit dem Parthenon bringen [...] Inzwischen - unversehens war die frühe Morgenstunde zerronnen - mehrte sich und häufte sich die Menge der Besucher. Der kaum erlangte Aufenthalt wurde durch das Veranstalten von Besichtigungen abgelöst. Diese selbst durch das Funktionieren der Photo- und Filmapparate ersetzt. / Die Menschenmenge störte nicht dadurch, dass sie die Wege und Plätze versperrte. Sie drohte vielmehr durch ihr besichtigungseifriges Kommen und Gehen, in das man selber unversehens einbezogen wurde, das soeben noch Erfahrene zu einem blossen, für den Beschauer vorhandenen Gegenstand herabzusetzen. Wer wollte bestreiten oder gar abwerten, dass manche der Allzuvielen einen ernst empfangenen Eindruck vom Tempelbezirk der Akropolis auf ihre Weiterreise mitnahmen ? / Wir fuhren nach einer kleinen Stärkung, die das reizend am Berghang gelegene Kaffee in seinem Garten darbot, zur Stadt zurück. Das lebhafte südländische Gewimmel war jedoch im Gedächtnis an das Erfahrene so unwirklich, wie die Vorführung griechischer Volkstänze etwas Bestelltes blieb, das man nach dem Mittagessen im Hotel 'Amalia' hergerichtet hatte, wo die Fahrgäste des Schiffes wieder zusammengekommen waren
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